Le mot du jour franco-autrichien
 

les vertus des

EPINARDS

 

 

 

 

 

 

 


graines "épineuses •• gehörnt •• " d'épinards

 

Pour faire apparaître la traduction des mots soulignés •• Ca fonctionne ? Parfait ! ••, placez le curseur dessus (ou le doigt, si vous utilisez une tablette ou un smartphone)


Il paraît que •• angeblich / es heißt, dass •• les épinards sont un des aliments que les jeunes (et les moins jeunes...) enfants détestent le plus. On a beau •• noch so sehr mögen / wollen / können •• leur expliquer que c’est bon pour la santé ("c’est plein de vitamines") et leur donner l’exemple de Popeye et de ses gros bras musclés, rien n’y fait •• es ist nichts zu machen •• !


Vous connaissez sûrement Popeye (1) the sailorman qui, selon la légende colportée depuis des générations, doit •• verdanken ••  sa force aux épinards, un aliment réputé riche en fer.

Ce que vous ignorez peut-être, c’est que ce personnage de bande dessinée - puis de dessin animé - créé en 1929 par Elzie Cryler Segar avait une mission officielle.

1929, c’est l’année du krach boursier (2) ; dans les années qui suivent, l’économie américaine est en pleine dépression, et il est à la fois difficile et coûteux de s’approvisionner en viande. Le gouvernement souhaite donc promouvoir la consommation de légumes et notamment d’épinards par l'intermédiaire d'une célébrité.

Le personnage - déjà très connu - de Popeye est chargé d’en vanter les bienfaits •• die Vorzüge, das gesundheitliche Nutzen anpreisen •• : c’est à cet aliment qu’il doit sa force herculéenne et sa "santé de fer", comme il l’indique dans une de ses premières aventures. Par contre, il ne fait aucune allusion à leur forte teneur •• Gehalt •• en fer.

Les scientifiques nous rappellent que c’est une légende : en effet, les algues, les légumes secs, les céréales, la viande rouge ou le chocolat contiennent beaucoup plus de fer que les épinards (3) !

Par contre, Popeye n’a pas menti en affirmant que ce végétal est riche en vitamines (C et E, provitamine A, acide folique...).

Ce qu’il ignorait - et que des études récentes viennent de prouver - c’est que l’ecdystérone (Ecdysteron), l’hormone stéroïde contenue dans les épinards, a un pouvoir dopant : c'est un anabolisant naturel, qui augmente la masse musculaire.
CQFD (4) ! C’est de là que viendraient les impressionnants muscles de l’avant-bras (et pas les biceps ! (5) de Popeye.

Voilà qui pourrait peut-être inciter les jeunes à manger des épinards !
Pour la petite histoire •• Detail am Rande •• : il faut en consommer entre 250 grammes et 4 kilos par jour pour constater leur effet anabolisant !

 

Popeye connaissait-il l’origine étymologique de son cher spinach - qui est également celle des épinards français ou du Spinat allemand ?
Ils sont tous dérivés de l’arabe-persan isfinaj qui désignait déjà cette plante potagère au IVe siècle, époque à laquelle a débuté la culture de l'épinard au Moyen-Orient.

Ce sont les Arabes qui l’ont introduit en Andalousie vers l’an mille. Mais il a pris un autre chemin pour arriver en France au début du XIIIe siècle : rapporté par les Croisés, il était alors appelé espinache ou herbe de Perse.

C’était un passager clandestin •• blinder Passagier •• : les graines épineuses de cette plante auraient voyagé, accrochées (6) aux vêtements ou au pelage des chevaux, jusqu’en Europe.

En France, les épinards ne sont devenus populaires qu’à la Renaissance, sous l’influence de Catherine de Médicis. Au début du XVIIe siècle, on les consommait de préférence cuisinés au sucre ! D’ailleurs, aujourd’hui encore, il existe de nombreuses recettes sucrées de tartes, gâteaux, gaufres •• Waffel •• ou muffins aux épinards.

 

     Pour être au courant


(1) Popeye : peut-être avez-vous remarqué que le célèbre marin est borgne •• einäugig •• . Il aurait perdu son œil droit quand il était tout enfant, lors d’un typhon qui a ravagé •• verwüsten •• Santa Monica (Californie). C’est pourquoi il s’appelle Popeye, littéralement "œil éclaté".

(2) krach boursier de 1929 : l'indice Dow Jones perd pratiquement 90 % entre son niveau le plus haut de 1929 et son plus bas en 1932 : crise boursière → crise bancaire → crise de la production industrielle → hausse du chômage. En 1932, quand Roosevelt est élu président, 25% de la population active est au chômage

(3) D’ailleurs, les épinards contiennent aussi de l’acide oxalique qui rend le fer peu assimilable par l’organisme.

(4) CQFD : ce qu’il fallait démontrer = quod erat demonstrandum. L'expression apparaît dans les versions grecques des "Éléments" d’Euclide sous la forme ὅπερ ἔδει δεῖξαι (hóper édei deîxai).

(5) biceps : littéralement, c'est le muscle "à deux têtes" (du latin biceps, bicipitis (de bis et caput). Une des extrémités du biceps se divise en deux tendons •• Sehne •• ou ‘chefs’. Curieusement ce ne sont pas les biceps brachiaux (du bras) qui sont remarquablement développés chez Popeye, mais les muscles de ses avant-bras.

(6) contrairement aux variétés modernes, les variétés anciennes d’épinards ont des graines dites épineuses (gehörnt) : or, en latin, épine se dit spina. C'est donc par analogie phonique que le mot arabe isfinaj s’est transformé en spinachium en latin médiéval puis en espinaca (espagnol), spinacio (italien), etc.

 

de l'EAU

du VIN

(de préférence un grand cru)

et du BOUDIN
(ou des homards...)

 

 

 


boudin

 

 

 

 

 

 

 

 

"Les leçons de morale données par le ministre de la Transition écologique, François de Rugy, tout au long de sa carrière politique se retourneraient-elles désormais contre lui ? Des révélations sur son train de vie supposé [et sur son usage des fonds publics •• öffentliche Gelder •• ] contrastent fortement avec l'exemplarité qu'il n'a cessé de prôner •• predigen •• ."  (article)
« C'est un peu Faites ce que je dis, pas ce que je fais », moque la députée Véronique Louwagie. *


Le proverbe "Fais ce que je dis mais pas ce que je fais" se réfère aux donneurs de leçon •• Moralapostel •• qui recommandent aux autres de pratiquer des vertus •• Tugend •• dont ils ne se soucient guère eux-mêmes. On peut aussi dire qu'ils "ne prêchent pas d’exemple •• prêcher (predigen) d'exemple = mit gutem Beispiel vorangehen •• ".

Cette expression proverbiale est la traduction d'un sermon •• sermon - ou prêche, prône - : Predigt •• de Jésus (Saint Matthieu 23 : vers 1-3). S'adressant à la foule et à ses disciples •• Jünger ••, il critique le comportement des scribes et des Pharisiens •• Schriftgelehrte und Pharisäer •• :
"Faites donc et observez tout ce qu’ils pourront vous dire, mais ne vous réglez pas sur •• se régler sur qn : sich nach jm richten •• leurs actes, car ils disent et ne font pas. Ils lient de pesants fardeaux •• schwere Last •• et les imposent aux épaules des gens, mais eux-mêmes se refusent à les remuer du doigt."
 

Malgré ses presque deux mille ans d'âge, cette dénonciation •• Anprangerung •• de l'hypocrisie a traversé les siècles - sous différentes formes. On la retrouve dans une variante savoureuse •• köstlich, amüsant, pikant •• en anglais :
The friar preached against stealing when he had blood-pudding in his sleeve.
("Le moine prêchait contre le vol alors qu’il avait du boudin •• Blutwurst •• dans sa manche").
 

L’équivalent allemand Wasser predigen und Wein trinken est tiré du poème satirique de Heinrich Heine "Allemagne – Un Conte d’hiver" ** (1844). C’est une une pierre dans le jardin des •• auf jn gemünzt sein ••  puissants, en particulier des membres du clergé, qui imposent au peuple une vie de renoncements •• Entsagung •• et l'endorment •• einlullen •• en lui promettant la félicité •• Glückseligkeit •• dans l’au-delà •• Jenseits •• : (...) sie tranken heimlich Wein, und predigten öffentlich Wasser (ils buvaient en secret du vin et prêchaient l’eau en public).


Pour la petite histoire •• Detail am Rande… •• : les grands grands crus •• edler Wein •• (Mouton-Rothschild, Château Yquem...) servis lors des "repas somptueux •• lukullisch •• " à l’Hôtel de Lassay •• situé dans le 7e arrondissement, résidence du président de l’Assemblée nationale •• coûtaient entre 110 et plus de 500 € la bouteille. Et c'est du homard, pas du boudin, qui a été offert aux invités...

 

     Pour être au courant

 

* V. Louwagie - députée du parti Les Républicains - est membre de la commission chargée de la vérification des comptes de l’Assemblée Nationale.
L'opposition a du mal à "digérer •• schlucken, hinnehmen •• " les festins •• lukullisches Essen •• que François de Rugy, alors président de l'Assemblée nationale, est supposé avoir offert à des personnalités extérieures au Parlement.
 

** texte du poème "Deutschland - Ein Wintermärchen"

Heinrich Heine a écrit ce poème à Paris, où il résidait déjà depuis une dizaine d'années. Il avait observé l'ascension de la bourgeoisie et l'exploitation du peuple et était persuadé qu'une nouvelle révolution n'allait pas tarder •• ne pas tarder à faire qc : bald etw. tun •• à éclater.

Ein kleines Harfenmädchen sang 
Sie sang mit wahrem Gefühle
Und falscher Stimme, doch ward ich sehr
Gerühret von ihrem Spiele. (…)
Sie sang das alte Entsagungslied,   
Das Eiapopeia vom Himmel,
Womit man einlullt, wenn es greint,   
Das Volk, den großen Lümmel.
Ich kenne die Weise, ich kenne den Text, 
Ich kenn auch die Herren Verfasser;
Ich weiß, sie tranken heimlich Wein;   
Und predigten öffentlich Wasser
.

 

MAILLOT

 

 

 


le maillot jaune

 

 


Détail de "L'Adoration des Bergers" (1645), de Georges de La Tour : l'enfant Jésus emmailloté

 



maillot pour dames vers 1910

 

 

 

 

 

 

Après les 100 ans du Tour de France en 2003, on fête cette année les 100 ans du maillot jaune.

C’est lors de la 11e édition •• Auflage •• de la Grande Boucle •• Rundstrecke, Schleife : autre nom du Tour de France cycliste •• que le maillot jaune a été attribué pour la première fois, le 19 juillet 1919. Depuis, il est revêtu par le coureur en tête au classement général, qui est ainsi facilement reconnaissable par le public au milieu des autres participants (... et par les téléspectateurs depuis que les images du Tour sont retransmises en couleurs - en 1975 !)

Pourquoi jaune ? Tout simplement parce qu’il y a un siècle cet événement était - déjà - plus publicitaire que sportif ! Le maillot jaune a été imaginé par le fondateur du Tour de France, alors directeur du journal L’Auto, qui se trouve être le principal sponsor de la course... et qui est imprimé sur du papier jaune !
 

Le mot maillot apparaît en français au XVIe siècle et désigne une longue bande d’étoffe (de laine, à une époque où l’Occident n’utilisait pas le coton) dans laquelle on enveloppait – emmaillotait •• wickeln •• - les nouveau-nés * ... un peu comme des momies avec des bandelettes ! Le bébé n’avait aucune liberté de mouvement : seule sa tête émergeait •• herausragen •• du maillot, bras et jambes étaient immobilisés, plaqués •• gepresst •• contre le corps.

En allemand, cette pratique était appelée Fatschen (du latin fascis : Bündel = paquet, faisceau).
 

Mais comment est-on passé du maillot du nouveau-né à celui du cycliste en tête du classement du Tour de France ?

La mode de l’emmaillotement, de plus en plus critiquée en Europe à partir du XVIIIe siècle finit par passer. Au XIXe siècle, le mot maillot quitte la nursery pour désigner d’abord un pantalon collant •• enganliegend •• , porté à même la peau •• direkt auf der Haut •• comme celui des danseurs, puis un vêtement, lui aussi très près du corps, qui couvre le torse.

Avec le développement des sports comme le cyclisme, la gymnastique puis le football, le maillot devient moins moulant •• hauteng •• et désigne le haut •• Oberteil •• d’une tenue de sport.

Le maillot de bain, lui, est apparu quelques années avant l'invention du maillot jaune : on trouve le mot sous la plume de Colette (en 1908) qui, sur une plage de la baie de Somme (littoral de la Picardie), se réjouit à l’idée d’une "belle journée à vivre sans penser, vêtue seulement d’un maillot de laine", un vêtement qui n’a alors pas grand-chose à voir avec les bikinis d’aujourd’hui (voir l'image ci-contre) ...
 

Le mot maillot est, logiquement, dérivé du mot maille : les bandelettes entrelacées •• ineinander verschlinger •• enveloppant le bébé rappellent les mailles •• Masche •• d’un tricot.

D’ailleurs, en allemand, le maillot des sportifs est appelé Trikot, même s’il est parfois confectionné avec une étoffe tissée •• gewebt •• et non tricotée •• gestrikt •• .
 

Avant le triomphe du T-shirt, on portait des maillots de corps, appelés aussi jerseys. Si le nom a changé, le matériel est resté le même, à savoir le jersey, un tricot fin et extensible •• dehnbar •• .

Aujourd’hui en coton ou en fibres synthétiques, le jersey était autrefois confectionné avec de la laine et, comme son nom l’indique, avec celle des moutons de l’île de Jersey, réputée depuis la fin du XVIe siècle pour ses produits dérivés de la laine : le tricot y était pratiqué par toute la population et surtout par les hommes, tandis que les femmes étaient plutôt responsables du nettoyage et du filage de la laine. **

Et ne croyez pas que ce soit une spécialité jersiaise ! A la même époque et jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, le tricot était une activité pratiquée au moins autant par les hommes que par les femmes, dans l'empire des Habsbourg, comme dans le reste de l'Europe.

Pour trouver un Autrichien - le seul jusqu’à aujourd’hui - porteur du maillot jaune, il faut remonter à l’édition 1931 du Tour de France : le Viennois Max Bulla a remporté trois étapes de la Grande Boucle et a été 1er du classement pendant une étape.

 

     Pour être au courant
 

* des nouveau-nés : nouveau n’est pas accordé car il est employé adverbialement, au sens de "nouvellement né", "venu au monde il y a peu de temps".

** le tricot à Jersey : cette activité était si populaire sur cette île anglo-normande •• Kanalinsel •• qu’elle a dû être réglementée : le cliquetis •• Klappern, Klimpern •• des aiguilles était si dérangeant pendant les sermons •• Predigt •• qu’on a interdit aux paroissiens •• Gemeindmitglied •• de tricoter pendant la messe ! En 1608, comme les travaux agricoles et la récolte du varech •• Seegras, Tang ••  étaient négligés sur l’île, le "Jersey Act" a même interdit aux habitants âgés de plus de quinze ans de tricoter pendant la saison des récoltes. Et les contrevenants •• Zuwiderhandelnder •• étaient passibles d’une peine •• einer Strafe unterliegen •• d’emprisonnement !

 

quand JAPON

rime avec

HARPON

 

 


harpon en bois
(Néolithique)

 

 


harpe

 

 


harpe : crampon métallique

 

 


Harpagon
L'avare aux doigts crochus

 

 

Chasse à la baleine : le Japon reprend ses harpons.
En réalité, le Japon n'a jamais vraiment cessé de chasser cette espèce protégée. Même quand, en 1986, un moratoire sur la chasse commerciale à la baleine a été instauré. Les autorités japonaises ont contourné •• umgehen •• l'interdiction en organisant des prélèvements •• Entnahme, Fang •• de cétacés •• Wale •• dans le cadre de travaux dits •• sogenannt •• scientifiques. (article)


Le * harpon nous offre l'occasion de faire un petit crochet •• Abstecher… und Haken •• par l'étymologie : cet instrument utilisé par les pêcheurs, en particulier pour capturer les cétacés, est un dard - une sorte de javelot •• Wurfspieß •• monté sur un manche •• Griff •• et terminé par des crochets. Il est relié au bateau de pêche par un câble qui permet de hisser la proie à bord.

Les lexicologues sont divisés quant à l'origine du mot. Vient-il
- de l'ancien norrois •• altnordisch •• harpa 
-  du germanique harpa
- ou du grec harpagos ?
Il est tout à fait imaginable que le mot harpon résulte de l'influence combinée de ces trois sources.

Ce qui est sûr, par contre, c'est que les mots appartenant à la famille étymologique du harpon ont un point commun : le crochet.

La harpe désigne
• dans le domaine de la chasse : les griffes d'un chien courant •• Hatzhund •• ou les serres d'un rapace •• Fang, Kralle eines Greifvogels •• ;
• l'instrument de musique aux cordes dites ’pincées’ •• Zupfinstrument •• , mais plus exactement 'accrochées' par les doigts de l'instrumentiste, recourbés en forme de griffe ;
• un crampon de métal, sorte d’agrafe •• Klammer, Krampe •• servant à relier deux pierres, deux pièces de bois juxtaposées.
 

Harpagon, lui aussi, fait partie de la famille : le personnage éponyme •• namensgebend •• de l'Avare de Molière (1668) est un grippe-sou •• Pfennigfuchser •• **, il a "les doigts crochus •• habgierig sein •• ".
Par antonomase (le nom propre est devenu nom commun), le mot désigne aujourd'hui celui qui est d'une avarice sordide •• krass •• : un radin, un pingre, un rapiat •• comme un rapace / Greifvogel = raffgierig •• , un grigou... tous synonymes d'avare.
 

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• le harpon : pas d'élision de l'article puisque le "h" est aspiré, ce qui plaiderait en faveur •• für etw. sprechen •• d'une origine germanique ou nordique du mot - plutôt que grecque.

** gripper (saisir, attraper, accrocher) est apparenté à greifen (dérivé de l'ancien allemand gripan) et à Griff... et donc aux griffes. 
Ainsi, la grippe est - littéralement - une maladie "qui saisit brusquement".

*** Même l'oncle Picsou (baptisé Onkel Dagobert en allemand) a fait - autrefois - partie de la famille : l'oncle milliardaire et radin •• Geizkragen •• de Donald Duck a été créé en 1947 sous le nom de Uncle Scrooge McDuck (en référence d'une part à ses origines écossaises - origine qui, selon le cliché, expliquerait son avarice - et d'autre part à l'avare Ebezener Scrooge, héros du roman de Charles Dickens "Un chant de Noël"). Mais, en français, il s'est d'abord appelé Oncle Harpagon avant de prendre son nom actuel de Balthazar Picsou en 1952.

 

fessée

petit précis d'anatomie : fesse, raie, joue...

 

2 juillet 2019 - La France devient le 56e pays du monde à interdire la fessée. La Suède a été la première à légiférer contre les violences éducatives (dès 1979). L'Autriche l'a imitée en 1989 (il y a 30 ans de cela...) Cependant, la loi qui vient d'être adoptée à l'Assemblée nationale française "ne comporte aucune mesure de sanction" contre les contrevenants •• Zuwiderhandelnder •• . (article)
 

Les fesses vont par paire... Du moins, quand elles désignent chacune des deux parties charnues du postérieur, comme c’est le cas en français moderne. Mais il n’en a pas toujours été ainsi : le mot "fesse", formé à partir du latin fissus, lui-même participe passé du verbe findere (fendre - qui a donné également fissure) correspondait à l’origine au sillon •• Rille, Furche •• interfessier, cette fente qui sépare les deux parties rebondies •• prall •• du séant •• de seoir (même famille qu’asseoir) = Gesäß (étymologie similaire) ••, ce qu’on appelle aussi la "raie des fesses", Gesäßspalte ou Kimme.

Au XVIe siècle, il a fini par évincer •• verdrängen •• l’ancien français nache, nage (latin classique natis, bas latin natica : fesse).
 

En toute logique, le verbe fesser et le substantif fessée devraient dériver du mot fesse. C’est sans compter avec l’étymologie populaire. En effet, il existait en ancien français un autre mot orthographié "fesse" ou "fesce" qui a, lui, une autre origine. Il vient du latin fascia qui signifie verge •• Rute ••, baguette •• Gerte ••, branche flexible... : l’instrument idéal pour administrer une correction •• eine Trachtprügel verpassen •• , et qui a donné le verbe fasciare = fesser.

A l’origine, fesser signifiait donc de façon générale battre avec des verges, fouetter, et pas nécessairement taper sur le bas du dos (comme on dit de manière euphémique *) de qn.

C’est l’étymologie populaire qui a rapproché ces deux fesses - si j’ose dire, ou plutôt écrire...


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* Les parties - longtemps considérées comme - "honteuses" de notre anatomie ont été désignées - en français comme en allemand - par une multitude de synonymes allant du registre le plus soutenu •• gehoben •• et des périphrases euphémiques jusqu'aux expressions vulgaires et argotiques, en passant par la langue familière.
Je ne citerai que les plus convenables •• anständig, salonfähig •• ...

A séant, derrière et bas du dos, on peut ajouter hémisphère ou demi-lune, arrière-train, fondement.

L’allemand possède une gamme de mots •• Wortpalette •• tout aussi riche et variée - des plus grossiers aux plus châtiés •• gewählt, gepflegt •• - pour désigner cette partie du corps humain : Steiß (vieilli ; correspond à siège ou croupion en français), Po et Popo (langage enfantin, avec leur pendant français popotin), Gesäß- ou Pobacke (littéralement "joue" de séant ou de postérieur)...

 

GEYSER

 

 

"geyser de rue" en Gironde (région Nouvelle Aquitaine)

 

 

 

 

 

 

 

 

 


bouche d'incendie
Unterflurhydrant


borne d'incendie
Oberflurhydrant

 

 

 


canicule : 15° C
record battu en France

Avec la canicule, les "geysers de rue" se multiplient dans la capitale. (article)

"Un Islandais à Paris" ? Non, il ne s’agit pas d’une symphonie du compositeur Sveinbjörn Sveinbjörnsson (1847-1927) (1)

Ces "geysers de rue" sont des bouches à incendie (2) ouvertes illégalement pour procurer un peu de fraîcheur lors des périodes de forte chaleur. Cette pratique a commencé aux Etats-Unis, en particulier à Chicago lors de la canicule de 1995 : Outre-Atlantique, elle est appelée street pooling (litt. piscine des rues).

En Autriche, le phénomène ne semble pas (encore) répandu : je n’ai pas trouvé de mention de cette technique très particulière de rafraîchissement.
 

Comme chacun le sait, le mot geyser (3) est d’origine islandaise et vient du verbe geysa = jaillir •• wild hervorsprudeln •• , lui-même dérivé du vieux norrois •• altnordisch ••  gjhosa. Il a été adopté à la fin du XVIIIe siècle par les géologues pour désigner une "grande source d’eau chaude, d’origine volcanique, qui jaillit par intermittence •• sporadisch •• ".

Dans presque toutes les langues, qu’elles soient romanes, anglo-saxonnes, slaves ou scandinaves, il est appelé geyser ou Geysir, gejser, geiser, gejsir... Mais curieusement, en islandais, le mot Geysir (4) est resté un nom propre et désigne seulement le plus grand geyser de l’île. Le nom commun est goshver (gos = éruption + hver = source d’eau chaude).
 

C’est de l’eau fraîche qui jaillit des geysers artificiels dans les villes de France écrasées •• erdrücken •• par la chaleur (5). Cependant, le geyser froid peut être aussi dangereux comme l’ont prouvé les accidents récents : enfant projeté en l’air par la force du jet, risque d’électrocution quand le jet touche un câble électrique, baisse du débit •• Abflussmenge •• d’eau qui peut gêner, voire empêcher une intervention des pompiers en cas d’incendie, sans compter les risques de glissade (de piétons, cyclistes ou de véhicules) sur les chaussées inondées et le gaspillage de l’eau, surtout en période de sécheresse.
 

La presse rappelle que l’ouverture d’une borne d'incendie est un délit passible de •• mit etw. bestraft werden •• 5 ans de prison et de 75 000 euros d’amende •• Ordnungsstrafe •• . Ce qui revient nettement plus cher qu'un séjour en Islande...

 

     Pour être au courant


1- Sveinbjörn Sveinbjörnsson : ce compositeur islandais est surtout connu comme le créateur de l’hymne national islandais, le Lofsöngur ("chant de louange") qui a résonné •• erschallen •• à plusieurs reprises dans les stades français au cours de la Coupe de Monde de football en 2018. Vidéo avec paroles.

2- Les prises d’incendie sont :
- ou bien cachées sous une plaque d’égout •• Kanaldeckel •• : ce sont les bouches d’incendie (appelées Oberflurhydrant en Autriche)
- ou bien visibles en surface sous la forme d’une borne •• Säule •• rouge, appelée plus précisément poteau d’incendie (Unterflurhydrant en allemand).

3- La prononciation du mot geyser a longtemps été hésitante en français : aujourd’hui [ʒ εzε:ʀ] semble l’emporter sur les autres formes [gεjzε:ʀ], [gεzε:ʀ] ou [ʒ εjzε:ʀ].

4- Geysir : situé à environ 60 km à l’est de Reykjavik, c’est l’un des geysers les plus puissants du monde (il a atteint une hauteur de 170 m en 1845), mais il ne jaillit que deux à trois fois par jour.

5- Le record absolu de température enregistré •• aufzeichnen, vermerken •• en France (depuis le début du XIXe siècle) a été battu le 28 juin 2019 : il a fait 45,9° C dans le Gard (à Gallargues-le-Montueux).

le torchon brûle : tout va de travers FrAu ModJo - 2019

Une question à poser ou un commentaire à faire ?   Précision - Les mots traduits
figurent sous leur forme de base :
infinitif pour les verbes ;
singulier pour les substantifs ;
masculin singulier pour les adjectifs.

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