Le mot du jour franco-autrichien
 

Arrondissement

 

 

les 12 arrondissements de Paris (1795)
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Les enceintes successives de Paris

 

 

 

les 20 arrondissements de Paris (1959)
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"Le Parlement donne son feu vert à la fusion des quatre premiers arrondissements de Paris."

Le maire de Paris, Anne Hidalgo justifie ce regroupement par le "souci d’une meilleure représentation démocratique" des Parisiens. Fusionnés, les quatre premiers arrondissements compteront 103 000 habitants. Ce qui reste tout de même moitié moins que l’arrondissement le plus peuplé, le 15e, avec ses 235 000 habitants.

Même si le nombre des arrondissements passe de 20 à 17, leur numérotation ne sera pas modifiée, et ce, afin de "préserver les traditions historiques", précise la Mairie de Paris... et d’éviter les discussions !

C’est en 1795, sous la Révolution, que sont créés les arrondissements de Paris : l’espace compris à l’intérieur du Mur des Fermiers généraux (enceinte construite juste avant la Révolution) est divisé en 12 arrondissements, numérotés de 1 à 12 d’ouest en est et du nord au sud (schéma 1).

En 1859, lors des grands travaux d’urbanisme lancés par Napoléon III et le préfet de la Seine, Haussmann, la capitale s’agrandit, englobant les territoires compris entre le Mur des Fermiers généraux et l’enceinte Thiers construite entre 1841 et 1844 (schéma 2).

La capitale est alors divisée en 20 arrondissements.

Paris passe de 3500 à 7800 hectares, son territoire s'arrondit (abrunden + wachsen, sich vergrößern) considérablement.

En effet, le mot "arrondissement" signifie au XVIIIe siècle 'territoire qui constitue un accroissement". Habitués au sens actuel du mot, nous avons oublié qu’il dérive de l’adjectif "rond" et que faire un arrondissement, c’est donner plus d’extension à un domaine en englobant les terrains voisins.

L’allemand possède le terme "Arrondierung" : Einbezug angrenzender Flächen zu einem bestimmten Grundstück, um beispielsweise eine kürzere oder zweckmäßigere Außengrenze zu erhalten.

Les grandes villes autrichiennes, comme Vienne ou Graz, sont, elles aussi, divisées en arrondissements / Bezirke. Et - surprise ! - ce mot dérive de l’ancien haut allemand "zirc", lui-même emprunté au latin circus, tous les deux signifiant cercle, rond. Au XVe siècle est apparu le verbe bezirken (déterminer la circonférence, l’étendue de qc). Sous son influence, le substantif "Zirk" s’est transformé en "Bezirk".

Arrondissement / Bezirk : la découverte de cette parenté étymologique inattendue m’a laissée "comme deux ronds de flan" (verblüffen).

20 arrondissements, une histoire à suivre....

 

GODILLOT

 

 

godillots avec bande molletière
(Wickelgamasche)

 

 

Knobelbecher
Cornet à dés

 

 

Knobelbecher
 

"On va voir déferler à l’Assemblée une vague de députés marcheurs. Sont-ils condamnés à n’être que des godillots ?" Pour obtenir l’investiture LREM, chaque candidat a dû signer le "contrat avec la nation" proposé par Emmanuel Macron, qui précise : "C’est-à-dire qu’il s’engage à voter à mes côtés les grands projets, (...) à soutenir notre projet. Il n’y a pas de frondeurs." (article)

Un godillot, au sens figuré, c’est une personne qui exécute les ordres sans discuter, en particulier un parlementaire qui suit sans regimber (aufmucken) les consignes de vote de son parti.

En 1967, les gaullistes n’obtiennent pas la majorité à l’Assemblée. Pour gouverner, ils ont besoin du soutien des Républicains indépendants de Valéry Giscard d’Estaing, et surtout de la discipline du parti à l’assemblée nationale. C’est de cette époque que date l’expression "les députés godillots" : le président Charles de Gaulle peut alors compter sur le soutien inconditionnel des parlementaires gaullistes, fidèles qui marchent sans discuter, comme de bons petits soldats. Et c’est bien au domaine militaire qu’est emprunté le mot godillot.

Au sens propre, il désigne une chaussure de marche en cuir utilisée dans l’armée française, depuis la guerre de Crimée (1853-1856) jusqu’à la Seconde Guerre mondiale. Il doit son nom à son créateur, Alexis Godillot, un entrepreneur qui fournissait aux troupes des selles, des tentes et les fameuses chaussures. Le nom propre est devenu nom commun par antonomase (même évolution que pour la poubelle, par exemple, dont le nom vient du préfet de la Seine qui imposa ce conteneur à ordures en 1884).

Aujourd’hui, "godillot" est un synonyme péjoratif de grosse chaussure. Sa variante familière, et tout aussi péjorative, la godasse, est plus courante.

Avec l’adoption de ces brodequins lacés (geschnürt) et cloutés (mit Nägeln beschlagen), les soldats disposaient enfin de chaussures de marche confortables. En effet, elles offraient plusieurs améliorations :
- la semelle intérieure est ergonomique : sa forme épouse (sich anpassen) celle de la voûte plantaire (Fußgewölbe).
- le pied droit et le pied gauche sont différenciés : ainsi, la forme anatomique du pied est respectée. Ce n’est pas là une invention d’Alexis Godillot - en effet, les Romains faisaient déjà la différence - mais, jusqu’au milieu du XIXe siècle, les chaussures étaient semblables pour les deux pieds : ainsi, on pouvait les porter tantôt à droite, tantôt à gauche, ce qui permettait de les faire durer plus longtemps.
- à partir de 1862, la semelle des godillots devient étanche grâce à l’application d’une couche de gutta-percha (matière fabriquée à partir du latex).

En Prusse, à partir de 1866, les soldats étaient équipés de brodequins en cuir, non lacés, surnommés Knobelbecher : leur nom vient de leur ressemblance avec un cornet à dés en cuir (voir illustration ci-contre). La hauteur de la tige de ces bottes (Stiefelschaft) a varié selon les époques ... et les quantités de cuir disponibles. Ces chaussures ont été utilisées dans l’armée allemande jusqu’au début des années 1990.

Dans l'armée autrichienne, les soldats portent tout simplement des Feldschuhe...

 

BILLARD

 

 

 

Louis XIV
jouant au billard
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(on y joue alors avec un arceau et un bâton à l'extrémité recourbée, comme au croquet)

 

 

table d'opération (1850)
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Suite de la dernière chronique :
"Les jeunes Chinoises n’hésitent pas à passer sur le billard (unters Messer kommen) pour booster leur carrière."
Comment le billard, ce jeu de boules de table, est-il devenu synonyme de table d’opération ?

Il faut savoir qu’à l’origine le jeu de billard ne se jouait pas sur des tables, mais que c’était une activité de plein air, une sorte de variante du croquet qui se disputait sur un terrain plat. Les boules étaient poussées avec un billard : en effet, le mot désignait la crosse (Schläger) et pas le jeu lui-même. Ce bâton a pris le nom de queue (dans le sens de manche d'un outil ou d'un ustensile = Stiel) seulement à la fin du XVIIe siècle.

C’est afin de pouvoir pratiquer cette distraction tout au long de l’année que les joueurs (essentiellement des aristocrates qui avaient du temps et des moyens à consacrer à ce loisir) ont imaginé une version du jeu mieux adaptée à l’intérieur : la première table de billard aurait été réalisée au XVe siècle pour le roi Louis XI. Souffrant de problèmes de dos, il aurait commandé à son menuisier (Tischler) une table pour jouer au croquet à hauteur d’homme.

A cette époque-là, même dans les châteaux, il n’y avait pas de table : pour manger, il fallait dresser la table, au sens propre du terme, c’est-à-dire mettre une planche sur des tréteaux (Gestell).

La table de billard est restée pendant longtemps la seule surface plane de grande taille et, selon une des hypothèses concernant l’origine de l’expression "passer sur le billard", elle aurait servi de table d’opération en cas d'urgence, par exemple en temps de guerre.

Ainsi, pendant la bataille de Sedan, en 1870, le maréchal Mac-Mahon a été opéré sur une table de billard, dans l’arrière-salle d’une brasserie de la ville.

Autre guerre, autre hypothèse : les Poilus, vaillants soldats de la 1ère Guerre mondiale, appelaient "billard" le terrain séparant deux tranchées (Schützengraben) : "monter sur le billard", c’était donc quitter l’abri tout relatif de la tranchée pour se lancer à l’assaut de l’ennemi. Les soldats qui mouraient au cours de cette opération militaire "restaient sur le billard".

L’hypothèse la plus vraisemblable est cependant d’origine médicale : un certain Louis Alexandre Billard, médecin de son état, dirigeait une entreprise de production de matériel dentaire. Entre autres produits, il proposait à la fin du XIXe siècle un fauteuil de dentiste inclinable et à hauteur réglable, équipé d’un crachoir (Spucknapf). En quelque sorte l’ancêtre du fauteuil de dentiste que nous connaissons aujourd’hui. Le patient qui venait se faire soigner devait passer sur le Billard. Avec le temps et le succès commercial de ce fauteuil, le nom propre serait devenu nom commun, et le billard a également désigné la table d’opération chirurgicale.

 

BISTOURI

et

SCALPEL

 


Bistouri
 

 


Ambroise Paré
(1510-1590)

"Les Chinoises boostent leur carrière à coups de bistouri.
Correspondre aux critères de beauté pour appâter (ködern, locken) l'employeur, c'est la nouvelle stratégie de beaucoup de Chinoises, qui n'hésitent pas à passer sur le billard (unters Messer kommen) pour booster leur carrière. Une pratique qui tend à se banaliser : la Chine est le pays où se pratiquent le plus d'opérations de chirurgie esthétique." (article)

Le bistouri est une sorte de couteau à la lame acérée (scharf) avec lequel on pratique des incisions chirurgicales. Le mot est emprunté à l’italien "bistorino" qui est une forme altérée de "pistorino" qui désigne une dague (langer Dolch) ou un poignard fabriqués à l’origine à Pistoia, anciennement appelée Pistoria - ville de Toscane, capitale italienne de la culture 2017.

C’est Ambroise Paré, chirurgien des armées puis du roi, considéré comme le père de la chirurgie moderne (article), qui est le premier à utiliser le mot - sous la forme bistorie - dans "Dix livres de la chirurgie : avec le magasin des instrumens nécessaires à icelle" (publié en 1564).

Le bistouri moderne est en général composé d’un manche stérilisable et réutilisable, et d’une lame à usage unique (Einwegklinge).

Bistouri se traduit en allemand par Skalpell et en anglais par scalpel. Le terme existe également en français : scalpel est emprunté au latin scalpellum, diminutif de scalprum et désignant un outil tranchant.

Il est de la même famille (racine indo-européenne skel : couper, séparer) que le verbe scalper "détacher le cuir chevelu (Kopfhaut) par incision", utilisé en particulier à partir du XVIIe siècle pour décrire les pratiques des guerriers indiens d’Amérique qui prélevaient la peau du crâne et la chevelure de leurs ennemis vaincus pour en faire des trophées. (le trophée, m = die Trophäe)

Bistouri et scalpel sont souvent employés comme des synonymes par le grand public - ou par les spécialistes du doublage (Synchronisation) des séries médicales anglo-saxonnes (Arztserie) ! - mais, en français, il existe une différence de taille (bedeutend + in der Größe + Schnitt...) entre ces deux termes, une différence capitale, surtout pour le patient !

En effet, le bistouri est utilisé en salle d’opération pour inciser les tissus (Gewebe) vivants, tandis que le scalpel est utilisé pour les dissections : il sert à inciser les tissus morts et donc les cadavres.

Voilà pourquoi, avant de se faire opérer, il est préférable de dire "Je vais passer sous le bistouri" plutôt que "sous le scalpel" ... bien que cette distinction n'ait guère d'incidence sur l'issue de l'opération et la survie du patient.

FEUILLETON LEXICO-MEDICAL FRANCO-AUTRICHIEN ... A SUIVRE

 

TSUNAMI

raz-de-marée

vague
bleu Macron

 

 

 

 

 


1er parti au 1er tour des législatives :
les abstentionnistes
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"Raz-de-marée", "tsunami", "déferlante", "vague de fond" bleu Macron...
C’est ainsi que la presse française qualifie les résultats obtenus au 1er tour des élections législatives par le parti présidentiel, La République En Marche.

L’équivalent allemand ne se réfère pas à l’élément marin : pas de Sturmflut, Flutwelle ou Brandungswelle pour qualifier un raz-de-marée électoral.
Le terme Erdrutschsieg compare la victoire massive qui bouleverse le paysage politique à un glissement de terrain.

Cette différence lexicale pourrait s’expliquer par la géographie : alors que l’Autriche ne possède plus de côtes maritimes, la France en a 4853 km, dont 3427 en France métropolitaine. Mais cette explication n’est guère valable pour l’Allemagne...

Les journalistes emploient indifféremment les termes raz-de-marée et tsunami.
Or, ce ne sont pas des synonymes.

► Le mot raz-de-marée s’utilisait pour qualifier tous les phénomènes marins qui faisaient "déborder la mer", quelle que soit leur cause.
Le raz est un courant marin très violent qui se manifeste dans un passage étroit.
Par métonymie, le mot désigne aussi le passage lui-même : l’un des plus connus est le Raz Blanchard, situé entre la pointe ouest du cap de la Hague (dans le Cotentin / Normandie) et l’île anglo-normande d’Aurigny.
Le mot vient de l’ancien norrois rás (courant, course) dont dérivent également le verbe allemand rasen (se dépêcher, foncer) et le substantif anglais race (course).

► D’origine japonaise, le mot tsunami signifie littéralement "vague du port". Il est apparu en Occident à la fin du XIXe siècle. Mais, même s’il est employé dans la littérature scientifique pour décrire les grandes catastrophes dues aux vagues géantes au XXe siècle (tsunami de Hawaï en 1946, du Chili en 1960, etc.), il ne devient vraiment ‘populaire’ qu’avec le tsunami de 2004 dans l’Océan Indien, qui a fait plus de 250 000 victimes.

Si, depuis 1963, les scientifiques font officiellement la distinction entre les deux termes, le grand public a encore tendance à les confondre.
C’est l’origine de ces 2 phénomènes marins qui fait la différence :
- elle est météorologique (tempête) pour le raz-de-marée,
- elle est géologique (séisme, volcanisme, glissement de terrain) pour le tsunami.
En outre, la durée d’un raz-de-marée est généralement de l’ordre de (in der Größenordnung) quelques minutes, tandis qu’un tsunami dure des heures.

La victoire annoncée du parti présidentiel est-elle un raz-de-marée ou un tsunami ?
Ni l’un ni l’autre, analyse le journaliste Baptiste Legrand (article) :
"Législatives - Non, ce n’est pas un raz-de-marée en faveur de Macron. (...) Non seulement l’abstention a atteint un taux record (plus de 50%), mais aussi les 32% obtenus par l’alliance entre LREM et le MoDem représentent un score historiquement bas. Jamais un président de la République n'avait obtenu un pourcentage aussi faible lors des élections législatives qui suivaient son accession à l'Elysée."

 

PERRETTE

et la comète

 

 

 

 

 


Edmond Halley

 

 


Perrette et le pot au lait

A la veille du 1er tour des élections législatives, le premier ministre Edouard Philippe, prudent, rappelle les exemples de Theresa May et d'Alain Juppé pour affirmer que "tous ceux qui tirent des plans sur la comète avant l'élection, sont surpris après l'élection". (article)

Tirer des plans sur la comète, c’est échafauder (aufstellen) des projets en se basant sur des hypothèses hasardeuses et donc prendre un grand risque d’échouer.

L’expression, qui date de la fin du XIXe siècle, se réfère probablement un événement astronomique historique : le passage d’une comète particulièrement brillante en 1882 a marqué les esprits. Le principe de la périodicité des comètes a été découvert dès le XVIIIe siècle par l’astronome anglais Edmond Halley (1656-1742). Cependant, bien que le mystère de l’apparition de ces corps célestes ait été expliqué scientifiquement, la croyance dans leur influence maléfique ou bénéfique a perduré longtemps, et le passage d’une comète s’est souvent accompagné de prédictions cataclysmiques annonçant la fin du monde !

L’expression est antithétique : tirer des plans est une entreprise qui réclame de la précision et du temps. L’apparition d’une comète est, par contre, un événement qui a longtemps été considéré comme imprévisible, mystérieux, voire effrayant. Son caractère éphémère est à l’opposé de la stabilité et de la rigueur nécessaires à la bonne exécution des projets.

L’équivalent allemand "eine Milchmädchenrechnung" (littéralement : un calcul de laitière (article)) se réfère à la Perrette la plus célèbre de la littérature française, l’héroïne malheureuse de la fable de la Fontaine "La laitière et le pot au lait". (texte)

Perrette se rend au marché pour vendre un pot de lait. Elle le porte sur sa tête "bien posé sur un coussinet". En chemin, elle commence à tirer des plans sur la comète : elle imagine comment, avec l’argent gagné, elle achètera des œufs, puis élèvera les poulets, achètera un cochon qui, bien engraissé (mästen), sera vendu contre une vache et son veau. Transportée (hingerissen) par ces projets mirifiques, Perrette saute de joie et trébuche (stolpern) : "Le lait tombe : adieu veau, vache, cochon, couvée". Le retour à la réalité est brutal.

A l’époque de la Fontaine, l’expression "tirer des plans sur la comète" était inconnue. Le fabuliste conclut "La laitière et le pot au lait" ainsi : Quel esprit ne bat la campagne (sich in Fantastereien verlieren) ? Qui ne fait châteaux en Espagne ?

Faire / Bâtir des châteaux en Espagne - au sens de faire des projets irréalisables - est attesté en français dès le XIIIe siècle et s’explique par le fait qu’il n’y avait pas de châteaux dans les campagnes espagnoles : ils avaient été détruits par les seigneurs chrétiens pour empêcher les Maures de s’y installer au cours de leurs incursions (Einfall), comme l’indique Etienne Pasquier au XVIe siècle.

Comme on pouvait s’y attendre, l’expression équivalente espagnole ne fait pas référence à l’Espagne : "hacer castillos en el aire" signifie faire des châteaux en l’air, tout comme les expressions allemande (Luftschlößer bauen) et italienne (fare castelli in aria). En anglais, on "chasse les arcs-en-ciel" (chasing rainbows), tandis qu’en polonais on "construit des châteaux sur la glace".

Celui qui perd le sens des réalités risque bien de se retrouver "gros Jean comme devant", avertit La Fontaine dans la morale de la fable. Une conclusion partagée par Goethe (dans Faust) : "Habe nun, ach! Philosophie, / Juristerei und Medizin / Und leider auch Theologie / Durchaus studiert, mit heißem Bemühn. / Da steh ich nun, ich armer Tor! / Und bin so klug als wie zuvor."

Edouard Philippe, lui, n’a étudié ni la philosophie, ni le droit, ni la médecine, pas plus que la théologie : après avoir passé le bac à Bonn en Allemagne, il a suivi des études à l’Institut d’études politiques de Paris et à l’ENA. Se méfiant des prédictions fallacieuses (trügerisch) et attend les résultats officiels de ce premier tour des législatives avant de crier victoire.

 

RUCHE

"Les abeilles butinent sur les toits des grandes villes. On compte pas moins de 700 ruches à Paris !" (article)

Le verbe butiner (Honig sammeln) et le déverbal butin sont tous les deux dérivés du germanique būte qui a donné Beute (ce mot  désigne encore aujourd'hui à la fois le butin - produit d'un vol, de la pêche ou de la chasse - et l'habitation des abeilles).

Par contre, le mot ruche nous vient du gaulois.
Le nombre de
mots français d’origine gauloise est estimé à une centaine.
La plupart d’entre eux sont des termes agricoles (arpent, bief, charrue, glaise, sillon...), des noms de végétaux (bouleau, bruyère, chêne, if...) ou d’animaux (alouette, blaireau, bouc...).

Ruche dérive du gaulois rusca qui signifiait écorce. En effet, les ruches étaient à l’origine réalisées avec des écorces d’arbres comme le chêne-liège (Korkeiche).

Bien avant de domestiquer les abeilles et de leur construire des abris, les hommes recueillaient le miel sauvage (Beutenhonig) dans les troncs d’arbres creux où ces insectes avaient élu domicile (siedeln).

Plus tard, ils ont eux-mêmes fabriqué des ruches-troncs, en évidant (aushöhlen) le bois. C’est cette pratique qui a donné en allemand naissance au mot Bienenstock (ruche), le terme Stock désignant à l’origine une souche d’arbre. On retrouve ce mot dans « Wein- ou Rebstock (pied de vigne, cep), Rosenstock (rosier, plant de rosier).

De nombreuses autres villes que Paris, en France et ailleurs, encouragent l'installation de ruches en milieu urbain.

Graz, avec ses nombreux espaces de verdure, offre aux abeilles un milieu de vie idéal. Le département "Grünraum und Gewässer" de la Municipalité grazoise a aménagé plusieurs ruches dans le Stadtpark (à l’emplacement de l’ancien "Verkehrsgarten") et un point d’information.
Le projet comporte également des interventions de professionnels (apiculteurs (Imker) locaux, école d’apiculture, Université) destinées aussi bien aux adultes qu’aux enfants. (
article)

Marche : LREM et Styrie Perrette et la comète...

Une question à poser ou un commentaire à faire ?   Précision - Les mots traduits
figurent sous leur forme de base :
infinitif pour les verbes ;
singulier pour les substantifs ;
masculin singulier pour les adjectifs.

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