Vous aimez la littérature française, la Haute-Provence et les arbres... ?
Alors, vous apprécierez cette nouvelle écrite par

Jean GIONO, en 1953

   

"L'homme qui plantait des arbres"
 

  Texte de la nouvelle sur Wikisource

  Résumé et analyse de la nouvelle
(Wikipedia - article très complet)

Vous pouvez aussi l'écouter et la regarder dans ce
film d'animation
(sous-titres en français - narrateur : Pierre Noiret)

  "L'homme qui plantait des arbres"

   
version en allemand

   Le texte (traduit par Tina Walpen, 2007)

   Le film d'animation (narrateur : Uwe Koschel)
 

   

 

Le début de la nouvelle    
Il y a environ une quarantaine d'années, je faisais une longue course à pied, sur des hauteurs absolument inconnues des touristes, dans cette très vieille région des Alpes qui pénètre en Provence.
Cette région est délimitée au sud-est et au sud par le cours moyen de la Durance, entre Sisteron et Mirabeau ; au nord par le cours supérieur de la Drôme, depuis sa source jusqu'à Die ; à l'ouest par les plaines du Comtat Venaissin et les contreforts du Mont-Ventoux. Elle comprend toute la partie nord du département des Basses-Alpes, le sud de la Drôme et une petite enclave du Vaucluse.

C'était, au moment où j'entrepris ma longue promenade dans ces déserts, des landes nues et monotones, vers 1200 à 1300 mètres d'altitude.
Il n'y poussait que des lavandes sauvages.
Je traversais ce pays dans sa plus grande largeur et, après trois jours de marche, je me trouvais dans une désolation sans exemple. Je campais à côté d'un squelette de village abandonné. Je n'avais plus d'eau depuis la veille et il me fallait en trouver.
Ces maisons agglomérées, quoique en ruine, comme un vieux nid de guêpes, me firent penser qu'il avait dû y avoir là, dans le temps, une fontaine ou un puits. Il y avait bien une fontaine, mais sèche.
Les cinq à six maisons, sans toiture, rongées de vent et de pluie, la petite chapelle au clocher écroulé, étaient rangées comme le sont les maisons et les chapelles dans les villages vivants, mais toute vie avait disparu...
  Vor etwa vierzig Jahren unternahm ich eine lange Wanderung in der uralten Alpenregion,
die sich in die Provence hinein erstreckt, einem Touristen völlig unbekannte Gegend.
Im Süden wird sie durch den Lauf der Durance zwischen Sisteron und Mirabeau begrenzt, im Norden von der Drôme von der Quelle bis nach Die, und im Westen von den Ebenen der Grafschaft Venaissin und den Vorgebirgen des Mont Ventoux. Sie enthält den ganzen nördlichen Teil des Departements der Basses-Alpes, den Süden der Drome und eine kleine Enklave der Vaucluse.

Zur Zeit, als ich zu meiner langen Wanderung aufbrach, war das eine nackte und monotone Landschaft auf 1200 bis 1300 Metern Höhe,
nur von wildem Lavendel bewachsen.
Ich überquerte dieses Land in der ganzen Breite und nach drei Tagesmärschen befand ich mich in einer einzigartigen Einöde. Ich nächtigte an der Seite der Überreste eines kleinen verlassenen Dorfes. Seit dem Morgen hatte ich kein Wasser mehr und ich musste unbedingt danach suchen.
Bei diesen Ruinen, die wie ein altes Wespennest aussahen, musste es doch in alter Zeit eine Quelle oder einen Brunnen gegeben haben. Eine Quelle war da, aber völlig ausgetrocknet.
Die fünf oder sechs von Wind und Wetter zerfressenen Häuser und die kleine Kapelle mit dem eingestürzten Turm waren zwar angeordnet wie die belebten Dörfer, aber alles Leben war daraus verschwunden...