Le mot du jour franco-autrichien
 

être de mèche avec qn,

mais ne pas vendre la mèche

 


mèches de cheveux

 


mèche d'explosif

 


unter einer Decke stehen... oder liegen

"Contrôler le climat, la plus redoutable des armes ?
Les outils de manipulation du climat - imaginés pour combattre les méfaits du changement climatique - peuvent aussi être utilisés dans le but inverse : inonder, assécher, ruiner... La CIA enquête sur le sujet, et a bien du mal à le cacher. (...) C’est un professeur de la Rutgers University (New Jersey) qui a vendu la mèche." (article)

L’expression vendre la mèche, qui signifie trahir un secret (ein Geheimnis verraten), n’a pas un rapport direct avec une mèche de cheveux (Haarsträhne), mais rappelle celle d’une bougie ou d’une lampe à huile (Docht), ou bien celle qui sert à faire exploser des mines ou des bombes (Zündschnur, Lunte).

A l’origine, on utilisait l’expression éventer la mèche (die Lunte riechen), c’est-à-dire exposer à l’air la mèche d’un explosif ennemi et donc le neutraliser. Elle a ensuite pris le sens de découvrir qc de caché, puis de divulguer (verbreiten) ce secret. L’idée de trahison est née au XIXe siècle où le verbe 'vendre' a pris également le sens de trahir, dénoncer par intérêt.

Au Moyen-âge, la mise à feu de la poudre (Zündung) d’une arme se faisait avec une mèche enflammée qu’on introduisait dans la bouche de l’arme (canon ou arquebuse / Hakenbüchse, par ex.) et qui se consumait lentement en dégageant (verbreiten) une odeur très reconnaissable qui pouvait trahir l’attaquant et alerter l’ennemi ou le gibier, d’où l’expression figurée allemande die Lunte riechen (éventer la mèche, concevoir des soupçons).

Quant à l’expression être de mèche avec qn, elle ne se réfère ni aux touffes de cheveux, ni  aux mèches de bougie. Cette mèche-là viendrait de l’italien mezzo - dérivé du latin - qui signifie moitié : être de moitié dans une affaire illicite, dans un mauvais coup, c’est y participer activement. La notion de délit a disparu avec le temps, et l’expression signifie aujourd’hui être de connivence avec qn (insgeheim mit jm gemeinsame Sache machen).

Donc, en principe, quand on est de mèche avec qn, on fait cause commune avec lui et on ne vend pas la mèche : on n’a pas vraiment intérêt à trahir son complice !

L’équivalent allemand de "être de mèche avec qn" - unter einer Decke stecken (littéralement : être fourré sous la même couverture) - se refère à une autre "moitié" (die 'bessere' Hälfte). L'expression remonte au Moyen-âge et rappelle la tradition qui voulait que le mariage ne soit considéré comme officiellement consommé que lorsque les nouveaux mariés se retrouvaient ... sous la même couverture. Ils étaient alors unis pour le meilleur et pour le pire, comme deux complices.

lunettes et besicles Friede, Freude, Eierkuchen... et les Bisounours

Une question à poser ou un commentaire à faire ?   Précision - Les mots traduits
figurent sous leur forme de base :
infinitif pour les verbes ;
singulier pour les substantifs ;
masculin singulier pour les adjectifs.

Liste alphabétique
"Mot du jour"