T R A D I T I O N S   festives  et  culinaires

 

11 novembre Sainte-Barbe Sainte-Luce Arbre de Noël Noël
Nouvel An Epiphanie Chandeleur Mardi Gras Rameaux
Pâques Poisson d'avril Noël et Pâques Stiller Advent Muguet du 1er Mai
Pentecôte        

 

 

Galette des Rois Crêpes de la Chandeleur     RECETTES Bûche de Noël
Sapin de Noël feuilleté Cahier de recettes
de la fête de fin des cours
  Bugnes lyonnaises


 

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P E N T E C Ô T E


Une semaine avant Pâques, on célébrait les "Pâques fleuries", c'est-à-dire le dimanche des Rameaux •• Palmsonntag •• qui commémore •• feierlich begehen •• l'entrée triomphale de Jésus dans Jérusalem.

Et, 50 jours à partir du dimanche de Pâques (soit 7 x 7 jours après cette fête), on célébrait les "Pâques roses", c'est-à-dire Pentecôte (du grec ancien pentêkostề hêméra, "cinquantième jour").
Pourquoi "roses" ? Il ne s'agit pas de la couleur, mais des fleurs que l'on appelle en allemand des "Pfingstrosen" - littéralement "roses de Pentecôte" (qui, du point de vue botanique, n'ont rien à voir avec des roses) - et qui sont en français des pivoines, des fleurs dont la couleur traditionnelle est rouge.
 

Selon la coutume, pendant la messe de la Pentecôte, on faisait tomber de la voûte •• Gewölbe •• de l'église leurs larges pétales •• Blütenblatt •• rouges pour rappeler les "langues de feu" qui, selon le récit des "Actes des Apôtres", descendirent sur chacun des disciples •• Jünger •• du Christ réunis ce jour-là, les remplissant du Saint-Esprit.
Ils se mirent alors à parler des langues qu'ils ne connaissaient pas mais que les autres peuples comprenaient. Ce "don des langues" ou xénolalie (du grec xéno, "nouveau", et lalein, "parler") va leur permettre d'aller "enseigner •• lehren •• toutes les nations" : "Ils s'en allèrent proclamer •• verkünden •• partout l'Evangile." (Matthieu, 28 : 16-20).


Chaque fête chrétienne est associée à une spécialité culinaire : la Chandeleur aux crêpes, gaufres •• Waffeln •• et beignets •• >Krapfen •• ; Pâques au gigot d'agneau •• Lammkeule •• , aux œufs et au chocolat ; Noël à l'oie •• Gans •• ou à la dinde aux marrons •• mit Kastanien gefüllte/r Pute /Truthahn mit •• ; l'Epiphanie à la galette ou au gâteau des Rois...

La Pentecôte n'échappe pas à •• keine Ausnahme bilden •• cette tradition, même si le gâteau traditionnel confectionné à l'occasion •• anlässlich •• de cette fête, le Colombier, est moins connu. ( photo d'illustration)

Il doit son nom au fait que, comme le gâteau des Rois, il contient une fève, mais en forme de colombe : cet oiseau symbolise non seulement la paix, mais aussi le Saint-Esprit. Le gâteau a une forme ovale, celle de la mandorle (en architecture et en peinture, c'est une figure en forme d'amande dans laquelle sont inscrits les personnages sacrés, le plus souvent le Christ) qui est aussi celle de l'œuf, tout un symbole !
 

Ce gâteau est une sorte de calisson géant : une génoise •• Biskuit •• aux amandes et au melon confit •• kandiert •• qui est nappée •• mit etw. überziehen •• de confiture d'abricot, puis décorée d'amandes effilées •• gehobelte Mandeln, Mandelblättchen •• et d'une bande de pâte d'amandes •• Marzipan •• vertes sur laquelle il était coutume d'écrire : "Qui la colombe trouvera, joie et bonheur aura". Peu à peu, la formule a changé en "Qui trouve la colombe se marie dans l'année". En effet, comme pour la galette des Rois, les parts du Colombier sont tirées au sort •• auslosen, durch das Los bestimmen •• , et celui / celle qui trouve la fève ne tardera pas •• bald etw. tun •• - dit-on - à épouser •• jn heiraten •• son / sa bien-aimé/e.


D'après le mythe fondateur •• Gründungssage •• de la ville de Marseille, le premier Colombier aurait été confectionné par Gyptis, la fille du chef des autochtones Ségobriges (peuple celto-ligure) : elle y aurait dissimulé •• verstecken •• une figurine en forme colombe, promettant d'épouser celui qui la trouverait. C'est ainsi que Protis, un marin originaire de Phocée, s'est marié avec la princesse et qu'ils ont fondé •• gründen •• Massalia, future Marseille.

La tradition du gâteau de Pentecôte a été "récupérée •• für seine eigenen Zwecke nutzen, recyceln •• " par un pâtissier parisien qui le commercialise •• vermarkten, vertreiben •• , accompagné d'une notice explicative rappelant la légende. Dans la version "francilienne", c'est Sainte-Geneviève, patronne •• Schutzheilige •• de Paris, qui après avoir incité la population de Lutèce à résister à l'envahisseur •• Angreifer, Eindringling, Invasor •• Attila, a vu une colombe - annonciatrice •• Vorbote, ankündigend •• de paix - se poser sur son épaule.

 

Autres traditions au fil de l'année...

 

P E N T E C Ô T E


Une semaine avant Pâques, on célébrait les "Pâques fleuries", c'est-à-dire le dimanche des Rameaux •• Palmsonntag •• qui commémore •• feierlich begehen •• l'entrée triomphale de Jésus dans Jérusalem.

Et, 50 jours à partir du dimanche de Pâques (soit 7 x 7 jours après cette fête), on célébrait les "Pâques roses", c'est-à-dire Pentecôte (du grec ancien pentêkostề hêméra, "cinquantième jour").
Pourquoi "roses" ? Il ne s'agit pas de la couleur, mais des fleurs que l'on appelle en allemand des "Pfingstrosen" - littéralement "roses de Pentecôte" (qui, du point de vue botanique, n'ont rien à voir avec des roses) - et qui sont en français des pivoines, des fleurs dont la couleur traditionnelle est rouge.
 

Selon la coutume, pendant la messe de la Pentecôte, on faisait tomber de la voûte •• Gewölbe •• de l'église leurs larges pétales •• Blütenblatt •• rouges pour rappeler les "langues de feu" qui, selon le récit des "Actes des Apôtres", descendirent sur chacun des disciples •• Jünger •• du Christ réunis ce jour-là, les remplissant du Saint-Esprit.
Ils se mirent alors à parler des langues qu'ils ne connaissaient pas mais que les autres peuples comprenaient. Ce "don des langues" ou xénolalie (du grec xéno, "nouveau", et lalein, "parler") va leur permettre d'aller "enseigner •• lehren •• toutes les nations" : "Ils s'en allèrent proclamer •• verkünden •• partout l'Evangile." (Matthieu, 28 : 16-20).


Chaque fête chrétienne est associée à une spécialité culinaire : la Chandeleur aux crêpes, gaufres •• Waffeln •• et beignets •• >Krapfen •• ; Pâques au gigot d'agneau •• Lammkeule •• , aux œufs et au chocolat ; Noël à l'oie •• Gans •• ou à la dinde aux marrons •• mit Kastanien gefüllte/r Pute /Truthahn mit •• ; l'Epiphanie à la galette ou au gâteau des Rois...

La Pentecôte n'échappe pas à •• keine Ausnahme bilden •• cette tradition, même si le gâteau traditionnel confectionné à l'occasion •• anlässlich •• de cette fête, le Colombier, est moins connu. ( photo d'illustration)

Il doit son nom au fait que, comme le gâteau des Rois, il contient une fève, mais en forme de colombe : cet oiseau symbolise non seulement la paix, mais aussi le Saint-Esprit. Le gâteau a une forme ovale, celle de la mandorle (en architecture et en peinture, c'est une figure en forme d'amande dans laquelle sont inscrits les personnages sacrés, le plus souvent le Christ) qui est aussi celle de l'œuf, tout un symbole !
 

Ce gâteau est une sorte de calisson géant : une génoise •• Biskuit •• aux amandes et au melon confit •• kandiert •• qui est nappée •• mit etw. überziehen •• de confiture d'abricot, puis décorée d'amandes effilées •• gehobelte Mandeln, Mandelblättchen •• et d'une bande de pâte d'amandes •• Marzipan •• vertes sur laquelle il était coutume d'écrire : "Qui la colombe trouvera, joie et bonheur aura". Peu à peu, la formule a changé en "Qui trouve la colombe se marie dans l'année". En effet, comme pour la galette des Rois, les parts du Colombier sont tirées au sort •• auslosen, durch das Los bestimmen •• , et celui / celle qui trouve la fève ne tardera pas •• bald etw. tun •• - dit-on - à épouser •• jn heiraten •• son / sa bien-aimé/e.


D'après le mythe fondateur •• Gründungssage •• de la ville de Marseille, le premier Colombier aurait été confectionné par Gyptis, la fille du chef des autochtones Ségobriges (peuple celto-ligure) : elle y aurait dissimulé •• verstecken •• une figurine en forme colombe, promettant d'épouser celui qui la trouverait. C'est ainsi que Protis, un marin originaire de Phocée, s'est marié avec la princesse et qu'ils ont fondé •• gründen •• Massalia, future Marseille.

La tradition du gâteau de Pentecôte a été "récupérée •• für seine eigenen Zwecke nutzen, recyceln •• " par un pâtissier parisien qui le commercialise •• vermarkten, vertreiben •• , accompagné d'une notice explicative rappelant la légende. Dans la version "francilienne", c'est Sainte-Geneviève, patronne •• Schutzheilige •• de Paris, qui après avoir incité la population de Lutèce à résister à l'envahisseur •• Angreifer, Eindringling, Invasor •• Attila, a vu une colombe - annonciatrice •• Vorbote, ankündigend •• de paix - se poser sur son épaule.

 

La tradition du  M U G U E T du 1er MAI


En France, le 1er Mai, il est de tradition d'offrir du muguet porte-bonheur
(surtout s'il a 13 clochettes...)
Pourquoi du muguet ? Parce que c'est une fleur qui fleurit à cette époque de l'année
(même si, avec le réchauffement climatique,
le muguet a tendance à éclore de plus en plus tôt...)

Il paraît que cette coutume date de la Renaissance : en 1560, le roi Charles IX et sa mère Catherine de Médicis étaient en visite dans le Dauphiné. A Saint-Paul-Trois-Châteaux,
un chevalier leur a offert du muguet cueilli dans son jardin. Ravi, le monarque a repris l'idée
en offrant chaque printemps le premier mai un brin de muguet aux dames de la cour.
Bien entendu, la coutume n'a pas tardé à se répandre dans tout le royaume.

Il semblerait que cette tradition se soit un peu perdue au cours des siècles.
Ce qui est sûr, c'est qu'elle a été redécouverte à la fin du XIXe siècle par le chansonnier Félix Mayol
(l'auteur de l'immortel "Viens Poupoule" !) originaire de Toulon - et dont le patronyme semble prédestiné
(Nomen est omen...) puisque le nom scientifique du muguet est "convallaria maialis"!
Son amie parisienne, Jenny Cook, l'accueille à la Gare Saint-Lazare avec un bouquet de muguet.
Le soir de sa première sur la scène du Concert parisien,
il porte un brin de muguet à sa boutonnière, à la place du traditionnel camélia.
Comme sa série de concerts est un véritable triomphe, il décide d'adopter le muguet comme emblème.

Au début du XXe siècle, à la Belle Epoque (c'est-à-dire dans les années d'avant la guerre de 14-18),
les grands couturiers offrent le 1er mai du muguet à leurs clientes et à leurs "petites mains" (les couturières).
Christian Dior en fait même l'emblème de sa maison de couture.


Si vous voulez en savoir plus sur le muguet...

• Le 1er Mai, particuliers et associations sont autorisés à vendre du muguet, à condition qu'il ait été cueilli
dans son jardin ou dans les bois... et qu'il soit vendu au moins à 40 m de la boutique d'un fleuriste.
Mais cette année (2020) - pandémie oblige - ces ventes dites "à la sauvette" sont interdites.

• Attention, tout dans le muguet -  feuilles (qu'il ne faut pas confondre avec celles de l'ail des ours), clochettes, baies -
est toxique ! Leur ingestion risque provoquer des troubles du rythme cardiaque qui peuvent s'avérer fatals.

• Le muguet est devenu l'emblème du Rugby Club Toulonnais (RCT)
(en hommage à Félix Mayol, né à Toulon et mécène du club).

• C'est également un des symboles de la Finlande (le muguet est en effet une plante qui ne craint pas le froid...)

• Son nom français - comme le mughetto italien - dérive de "musc" (Moschus), en raison de l'odeur de ses fleurs.

• Il possède en français divers noms vernaculaires (usuels, non scientifiques) : clochette des bois, grillet, grelot, termes qui rappellent la forme campanulée de ses fleurs et sont proches de sa dénomination en allemand : Maiglöckchen.

• Son nom scientifique "convallaria maialis" ("qui pousse en mai dans les vallées") rappelle sa désignation
en anglais : Lily of the valley ; en espagnol : lirio de los valles ; ou en portugais : liro-do-vale.

 

OEUFS et LAPINS de Pâques

Le mot "pâque" vient de l’hébreu biblique pesah (du verbe pasaḣ = passer au-dessus) par l’intermédiaire de l’araméen pasha, du grec πάσχα, et du latin pascha.
La fête de Pessah est la commémoration de l’Exode des Hébreux hors d’Egypte.
Selon l’Ancien Testament, l’Ange de la mort envoyé par Dieu pour mettre à mort tous les premiers-nés égyptiens (10ème Plaie d’Egypte) est "passé au-dessus" des maisons des Hébreux, marquées du sang de l’agneau sacrifié, et les a épargnés.
 

D’après les Evangiles, la Passion du Christ se serait déroulée pendant cette fête juive, et son nom a été en quelque sorte "recyclé" par le christianisme qui commémore ce jour-là la résurrection de Jésus.

Ce n’est d’ailleurs pas la seule récupération opérée par l’Eglise chrétienne : en effet, les coutumes de Pâques reprennent des symboles païens évoquant le retour du printemps, la renaissance, la "résurrection" de la nature.


La tradition des œufs peints a non seulement une raison symbolique (c’est le symbole de la germination) mais également une raison pratique : pendant le Carême, on ne pouvait pas manger d’œufs... mais les poules continuaient quand même à pondre.


A Pâques, les œufs qui n’étaient plus consommables étaient décorés : c’est une tradition encore très vivante en Autriche
où les œufs, évidés puis peints, décorent l’arbre de Pâques (Osterbaum).
En France, les œufs en chocolat ont remplacé les œufs de poule, et ce sont les cloches – qui s’étaient envolées pour Rome le Jeudi Saint – qui les déposent dans les jardins en revenant de la Ville Eternelle.

 

Les lapins et lièvres, animaux prolifiques, sont un symbole de fertilité : dans les traditions celtique et scandinave, le lièvre est l’animal emblématique de la déesse mère Eostre (d’où le nom de Easter en anglais, et Oster en allemand).

La tradition du lapin (ou lièvre) de Pâques, très répandue dans l’espace anglophone (Easter Bunny), germanophone (Osterhase) et scandinave, n’est cependant pas traditionnellement associée à la fête de Pâques en France : on offre des poules en chocolat, garnies d’œufs en sucre ou en chocolat.

• La tradition du lapin de Pâques connaît une variante amusante en Australie où, pour lutter contre la prolifération des lapins et sensibiliser la population au danger d’extinction des espèces autochtones, on a tenté de modifier la tradition en remplaçant le lapin par le "bilby de Pâques" !

Une fête mobile - La date de la fête de Pâques a été fixée au Concile de Nicée en 325 : elle se situe le 1er dimanche après la pleine lune qui suit l’équinoxe de printemps. C’est-à-dire au plus tôt le 22 mars et au plus tard le 25 avril.

 

Cette année (2020), le Poisson d'Avril...
tombe à l'eau !


Outre le fait que la gravité de la crise sanitaire ne rend pas l’ambiance propice •• günstig ••
aux blagues, les médias veulent éviter de faire circuler des informations
fantaisistes qui pourraient être prises pour argent comptant •• prendre pour argent comptant :
croire naïvement ce qui est dit,
sans se poser de questions :
für bare Münze nehmen
••
...

 

POISSON d'AVRIL - APRILSCHERZ : 1er avril

La coutume - en voie de disparition en France - veut que l’on accroche, discrètement,
des poissons en papier dans le dos des personnes à qui on veut faire une farce
le 1er avril : ce jour-là, elles se promènent sans le savoir avec ce "poisson d'avril"
qui fait rire ceux qui les rencontrent.

Aujourd’hui, le poisson d’avril est synonyme de canular, plaisanterie.
Ce jour-là, les médias diffusent de fausses informations,
en les présentant de façon plus ou moins crédible. (Déjà des "faits alternatifs" !)

Par ex., le 1er avril 2015, un article du journal l’Obs prétendait que les détecteurs de fumée - devenus obligatoires dans les lieux habités - étaient équipés d’un micro-espion.
Depuis, nous avons appris que nous sommes réellement espionnés par nos portables, ordinateurs, télévisions... et même par notre four à micro-ondes (a déclaré
très sérieusement la conseillère de Donald Trump - et ce n’était pas un 1er avril...)


Pourquoi le 1er avril ? - En 1564, par l’Edit de Roussillon, le roi de France Charles IX décide de modifier le calendrier pour que l'année commence le 1er janvier et non plus fin mars. La mesure est ensuite étendue à l’ensemble de la Chrétienté avec l’adoption du calendrier grégorien en 1582.
La mesure entre en vigueur le 1er janvier 1567. Ce jour-là, comme à chaque début d’année, on se souhaite "bonne année" et on échange des cadeaux.

Cette année-là et les années suivantes, beaucoup de gens ont eu du mal à s'habituer au nouveau calendrier, et certains n'étaient même pas au courant que la date de la nouvelle année avait changé ! Ils ont donc continué à s'offrir des cadeaux et des étrennes entre le 25 mars et le 1er avril. Pour se moquer de ces étourdis - ou rebelles - des petits malins ont eu l'idée de leur offrir des cadeaux un peu spéciaux. C’est de là que vient, paraît-il, la coutume  de faire des farces le 1er avril.
 

Pourquoi un poisson ?
1ère explication : à cette époque de l’année, la pêche est interdite en France, car c'est la période de reproduction des poissons. On faisait des farces aux pêcheurs en leur offrant de faux poissons.

2ème hypothèse : le 1er avril tombe en général pendant le carême,
période de jeûne •• Fasten ••
où il était interdit de manger de la viande,
alors que la consommation de la chair des poissons (et d’animaux aquatiques comme
les canards, les cygnes ... ou même les castors !) était autorisée.
De plus, l'ancien français peiscion (poisson) rappelle le mot passion (martyre enduré par le Christ)
C'est de là que viendrait l’idée de tourmenter (gentiment) les autres.

3ème explication : depuis la plus haute antiquité, cette période de l’année était en rapport avec le poisson,
le signe zodiacal des Poissons se terminant fin mars.

En Autriche, on dit "April April" ou "Aprilscherz" juste après avoir fait sa blague. On "envoie qn dans l’avril" (jn in den April schicken, expression attestée pour la première fois en 1618 en Bavière). Mais il n’est pas question de poisson, et l’origine de la coutume est tout aussi controversée que celle du poisson en France.

 

DIMANCHE des RAMEAUXPALMSONNTAG

Lors de l’entrée solennelle de Jésus à Jérusalem, le dimanche précédant Pâques,
la foule agitait sur son passage des branches coupées aux arbres, rameaux (Zweig) de palmier,
mais aussi vraisemblablement d'olivier et d’autres arbres.

Aujourd’hui, selon la latitude (Breitengrad), les rameaux - qui sont bénis pendant la messe
puis rapportés à la maison - sont de palmier (à Nice par ex. et dans le Sud de l’Europe),
d’olivier (pays méditerranéens), de laurier, de buis (Buchsbaum) mélangé
avec des branchettes de saule avec des chatons (Weidenkätzchen).

Dans certains pays ou régions, avec ces différents rameaux, on confectionne
des bouquets accrochés à un long bâton et on les décore avec des œufs évidés et peints, des rubans, des fruits confits (en Provence), ou des meringues (à Limoges).


Le mot "palme" vient du latin palma (la paume / Handfläche) en raison de la ressemblance
entre les découpures de la feuille de palmier et la face interne de la main aux doigts écartés.

En français, la "palme" ne désigne pas l’arbre (le palmier), mais une de ses branches.


La palme, c'est aussi la récompense du vainqueur (Siegespalme) : par exemple,
la Palme d’or du festival cinématographique de Cannes,
ou les Palmes académiques.
Dans un tout autre domaine, les palmes, ce sont des nageoires fixées aux pieds des nageurs (Schwimmflosse).


Peut-être que le dimanche des Rameaux à Jérusalem, certains ont escaladé le tronc des palmiers pour mieux voir passer Jésus dans cette foule dense. Mais cela n'a rien à voir avec l'expression allemande
jemanden auf die Palme bringen, qui signifie exaspérer quelqu'un au point de lui faire perdre le contrôle de lui-même. La locution rappelle probablement le comportement de certains singes déchaînés (ausser Rand und Band) qui s’élancent sur l’arbre le plus proche (en Afrique, parfois des palmiers...) et grimpent jusqu’au sommet.

 

CARNAVAL et MARDI GRAS


Mardi-Gras  - Faschingsdienstag - A GRAZ, on fête... MARDI-GRAZ

• Selon la tradition, c’est le dernier jour où on peut "faire gras" (c’est-à-dire manger des aliments riches : beurre, œufs, viande). Il précède le Mercredi des Cendres •• Aschermittwoch •• , jour où commence le Carême, période de 40 jours de jeûne et d’austérité, où l’on doit "faire maigre •• fasten •• ". C’est un jour où les excès (tant alimentaires que vestimentaires) sont permis.
• Mardi gras est le jour où l'on déguste •• verkosten, genießen •• des
crêpes, des gaufres •• Waffeln •• et des beignets •• Krapfen •• (dont la recette et le nom varient beaucoup selon les régions : bugnes (recette), merveilles, oreillettes, pets de nonne (mais si !), roussettes ou tortisseaux…)
• Cette coutume viendrait de la nécessité d’épuiser •• verbrauchen, ausschöpfen •• les réserves de beurre et d’œufs qui ne seront pas utilisées pendant le jeûne du Carême •• Fastenzeit •• .

Le mot "beignet" ne vient pas de "baigner" dans l’huile de friture,
mais de "bigne / beigne •• Backpfeife •• " qui signifie "enflure, bosse •• Beule •• , coup sur la tête".
"Recevoir une beigne", c’est se prendre une claque, une gifle,
et avoir ensuite la joue enflée •• geschwollen •• , gonflée. 
La pâte des beignets, elle, gonfle dans l’huile chaude.
• Pour rester dans le domaine culinaire, rappelons que l’on dit aussi
(familièrement) "se prendre une bugne, une tarte •• Watsche •• ".


Comptine •• Abzählreim •• du Mardi gras
Mardi gras, ne t’en va pas, nous ferons des crêpes, nous ferons des crêpes,
Mardi gras, ne t’en va pas, nous ferons des crêpes ce jour-là.


Le mot CARNAVAL (avec trois "a", contrairement au mot allemand " Karneval ") dérive (avec une métathèse ou inversion des syllabes "LE" et "VA") du latin médiéval carne levare signifiant enlever la chair •• Fleisch •• , d’où le sens de "supprimer la (consommation de) viande" pendant tout le Carême.

• En France, le carnaval n’est pas une institution comme en Allemagne ou en Autriche. Les carnavals (eh, oui, c’est une exception, pas de "carnavaux") les plus connus sont
- celui de
Nice (avec son célèbre "corso", défilé •• Umzug •• de chars fleuris et la bataille de fleurs - dont le mimosa…)
- et celui de
Dunkerque (où durant trois jours toute la ville se costume et défile dans la rue).

• En Louisiane (baptisée •• benennen •• ainsi en l’honneur de Louis XIV), à la Nouvelle-Orléans (qui, elle, doit son nom au régent Philippe d’Orléans), le carnaval est nommé "Mardi Gras" (en français dans le texte) et reste une tradition très suivie.


Le roi des gâteaux de la période du Carnaval en Louisiane, c'est le King cake. Il est consommé de l'Epiphanie •• Dreikönigstag •• (où il contient une fève •• Bohne •• , comme notre "Gâteau des Rois") jusqu'au Mercredi des Cendres qui marque la fin du Carnaval.
Confectionné avec une pâte briochée fourrée à la cannelle •• Zimt •• , le King cake se présente sous la forme d'une couronne décorée d'un glacis de sucre (et parfois même de paillettes...) aux couleurs traditionnelles du Carnaval : l'or (qui symbolise le pouvoir), le vert (la foi •• Glaube •• ) et le violet (la justice).
Ce sont des
émigrants français qui ont amené leurs traditions ("tirer les Rois" et Mardi-Gras) à la Nouvelle-Orléans.

La persistance de coutumes françaises, à des milliers de km de l'Hexagone (Paris est à plus de 7 700 km de la Nouvelle-Orléans), nous rappelle que la Louisiane a appartenu à la France jusqu’en 1803, date à laquelle elle a été vendue par Bonaparte (qui n’était pas encore Napoléon 1er) aux Etats-Unis d’Amérique nouvellement créés.
Le territoire cédé •• abtreten •• (qui s’étendait du Golfe du Mexique jusqu’au Canada) représente plus de 22% de l’actuelle superficie •• Fläche •• des Etats-Unis !

 

CHANDELEUR - Marialichtmess : 2 février

La Chandeleur, qui se fête le 2 février, signifie « fête des chandelles »
(festa candelorum).
Comme toutes les traditions de cette période de l’année qui voit les jours allonger,
cette fête est liée à la lumière, la purification, la fécondité •• Fruchtbarkeit •• .

        Au cours des Lupercales à Rome, on fêtait le dieu de la Fécondité Lupercus ou Pan,
et le retour de la lumière : les
Romains défilaient •• vorbeiziehen •• aux flambeaux •• Fackel •• dans les rues de Rome, mangeaient des galettes de céréales.
Peut-être est-ce l’origine des crêpes que nous dégustons aujourd’hui le jour de la Chandeleur.
La crêpe, ronde et dorée, rappelle naturellement aussi le disque solaire et la
fête celte d’Imbolc (le 1er février) qui marquait la fin de l’hiver. L'Eglise a entrepris dès la fin de l'Empire Romain de remplacer systématiquement les rites païens •• heidnisch •• par des fêtes chrétiennes. Le pape Gélase Ier (V° siècle) a eu l'idée d'instituer •• einführen •• la fête de la Chandeleur (Fête de la présentation de Jésus au Temple), 40 jours après Noël.

En Occident, les fidèles •• Gläubige •• défilaient en procession avec des cierges •• Kerze •• allumés et bénits •• gesegnet •• qu’on devait rapporter allumés de l’église jusqu’à chez soi :
"Celui qui le rapporte chez lui allumé, pour sûr •• ganz bestimmt •• ne mourra pas dans l'année."
Les cierges étaient censés •• gelten •• posséder de nombreuses vertus •• Heilkraft, Heilwirkung •• . On les conservait précieusement dans l'armoire familiale d’où on les sortait en cas de maladie grave ou en cas d'orage, car ils avaient, paraît-il, le pouvoir d'éloigner la foudre •• Blitz(schlag) •• . Ils étaient allumés chaque fois qu'il y avait la nécessité d'implorer •• anflehen •• le ciel, d'écarter les mauvais esprits et de protéger la maison, les vignobles •• Weingarten •• et les champs.

Dans de nombreuses régions françaises, la Chandeleur a été appelée
"
Chandelours" jusqu’au XVIII° siècle, rappelant l’un des cultes païens
que l’Eglise a cherché en vain à éradiquer •• ausrotten •• :
cette fête célébrait la fin de l’hibernation •• Winterschlaf •• de l’ours qui sort de sa tanière •• Höhle •• .
Si la température est douce et s'il voit le soleil
et son ombre,
il retourne vite reprendre son hibernation,
car il sait que le beau temps ne durera pas :
"Si fait beau et luit Chandeleur / Six semaines se cache l'ours."

L'équivalent, en Amérique du Nord, est le célèbre "Jour de la marmotte" (Groundhog Day), fêté lui aussi le 2 février. Cette tradition serait cependant d’origine européenne : "Sonnt sich der Dachs in der Lichtmesswoche, bleibt er 4 Wochen noch im Loche".
D'autres dictons semblent confirmer ces prévisions météorologiques :
"Beau et clair à la Chandeleur, l'hiver garde sa rigueur •• Härte, Strenge •• ."
"Soleil le deux février, l'hiver sera prolongé."

Les crêpes rappellent les traditions très anciennes liées au culte solaire.
Quant à la tradition de la
pièce d’or qu’on doit tenir
dans la main gauche quand on fait sauter la 1ère crêpe et qui assure
qu’on aura de l’argent toute  l’année, elle est aussi très ancienne.
Cette crêpe était ensuite enroulée autour de la pièce d'or et portée
en procession par toute la famille jusqu'à la chambre où on la déposait jusqu'à l'année suivante sur le haut de l'armoire.

Les restes de la crêpe de l'an passé étaient alors récupérés et la pièce qu'elle contenait donnée au premier pauvre qui passait.

Alors, quel est le rapport entre la crêpe et l’ours ?
Peut-être le
miel dont vous pouvez napper •• mit etw. übergießen •• (mit etw. übergießen) vos crêpes …

Bon appétit !

 

EPIPHANIE (du grec "apparition, manifestation") - Drei Könige : 6 janvier

Cette fête correspond à la présentation de l'enfant Jésus
aux Rois Mages,
Gaspard, Melchior et Balthasar.
Jusqu'en 1802, le 6 janvier était un jour férié en France.
Aujourd’hui, on fête l’Épiphanie le 2ème dimanche après Noël.

La galette des rois, servie à cette occasion, est une tradition
qui remonte •• zurückgehen •• au moins au XIVème siècle.
La galette
était partagée en autant de parts que de convives •• Gast •• ,
plus une, la "
part du Bon Dieu" ou "part du pauvre" qui était destinée au premier pauvre qui se présenterait •• auftauchen •• .
Il est de coutume •• es ist Sitte, Brauch, dass •• que le plus jeune convive se glisse sous •• unter etw. schlüpfen •• la table pour désigner à qui sont attribuées •• zuteilen, zuweisen •• les parts.
C'est ce qu'on appelle "
tirer les rois". (tirer = losen)
Celui qui a la part contenant la fève ("Saubohne" - "faba ou fava" en latin) est déclaré roi, il se coiffe de la couronne
et choisit sa reine. Puis on trinque •• anstoßen •• à leur santé.
On a  aménagé •• abändern •• la tradition
: aujourd'hui, la femme qui a la fève devient la reine et choisit son roi.
Le roi - ou la reine - devra, en principe •• grundsätzlich •• , offrir la prochaine galette.

La fève joue un rôle important dans les rites antiques en raison de sa forme embryonnaire (symbole de vie,
de renouveau). Quant à la
forme ronde et à la couleur dorée de la galette, c'est une référence au culte solaire
que l'on retrouve dans de nombreuses traditions au moment du solstice ("Sonnenwende") d'hiver.

Chez les Grecs, puis chez les Romains, la fève - blanche ou noire - servait de jeton de vote •• Wahlmarke, -münze •• .
La fève dans la galette des rois remonte au temps des Romains. Lors des Saturnales de Rome (début janvier), on élisait •• (zum König) wählen •• parmi les esclaves le roi du festin •• Festessen, Festmahl •• au moyen d'une fève.

Sous la Révolution, les fêtes religieuses sont supprimées •• abschaffen •• et le jour des Rois est transformé en 1791 en
"Jour des Sans-culottes •• Kniebundhose / les sans-culottes : les révolutionnaires •• ". Cependant le gâteau des Rois ne tarde pas •• ne pas tarder à : bald etw. tun •• à faire sa réapparition sous un autre nom.
Un décret du 4 nivôse an III du calendrier révolutionnaire (24/12/1794 dans le calendrier grégorien) rebaptise •• umbenennen •• l’Épiphanie
"
fête du Bon voisinage •• Nachbarschaft •• " et recommande de partager la “galette de l’Egalité” : la fève ne représente plus l'Enfant Jésus mais ... le bonnet phrygien •• phrygische / Jakobiner-Mütze •• .
On constate une fois de plus que l'Histoire est un perpétuel recommencement •• ewige Wiederholung •• : la "
Fête des Voisins", lancée •• einführen •• en 1999,
et qui a lieu chaque année fin mai ou début juin, ne fait que remettre au goût du jour •• wieder aufleben lassen, dem Zeitgeist anpassen •• une fête révolutionnaire !

A l’origine et jusque vers 1870, la fève était végétale •• pfanzlich •• , elle est aujourd’hui en porcelaine ou … en plastique et représente un peu n'importe quoi •• irgendetwas Unsinniges •• : de l’Enfant Jésus et des santons •• Krippenfiguren aus der Provence •• ... aux personnages de Walt Disney...

La 1ère fève en porcelaine a été fabriquée en Allemagne en 1874 et représentait un nouveau-né.
La
fabophilie (ou favophilie) est une activité qui consiste à collectionner les fèves de galettes des rois.


                     Il existe deux sortes de gâteaux des rois

la galette ronde en pâte feuilletée, le plus souvent fourrée •• füllen •• à la frangipane •• Mandelcreme ••  (crème aux amandes qui doit son nom à Frangipani, saucier florentin).

RECETTE de la galette

 le gâteau brioché (dans le Midi), en forme de couronne.
 Il est fou
rré aux fruits confits •• kandierte Früchte •• , parfumé à la fleur d'oranger, décoré de
fruits confits et de pépites de sucre, ou sucre casson •• Hagelzucker •• .


En Provence, on dit que les "grinchou" (c'est-à-dire les avares •• Geizkragen •• = die Geizigen) n'hésitaient pas à "avaler la fève avec le gâteau" pour ne pas être obligés d'acheter la prochaine brioche.
Et un "
favé", en provençal, celui qui "a la fève", c'est un "chanceux", un "veinard", un "Glückspilz" en quelque sorte, mais là, on passe de la fève au champignon... c'est une autre histoire !
 

Outre-Atlantique, la Louisiane possède une version - très colorée - du Gâteau des Rois : le King cake. Ce sont des émigrants français qui ont amené leurs traditions ("tirer les Rois" et Mardi-Gras) à la Nouvelle-Orléans. Confectionné avec une pâte briochée fourrée à la cannelle, le King cake se présente sous la forme d'une couronne décorée d'un glacis de sucre (et parfois même de paillettes...) aux couleurs traditionnelles du Carnaval : l'or (qui symbolise le pouvoir), le vert (la foi) et le violet (la justice).

La fève est un
bébé en plastique - parfois doré... - représentant l'enfant Jésus. Le convive qui trouve la fève dans sa part de gâteau s'écrie : "J'ai le bébé !" et il est proclamé roi.
Contrairement à la Galette et au Gâteau des Rois français, le King Cake est consommé
de l'Epiphanie jusqu'à Mardi-Gras, pendant toute la durée du Carnaval.

 

L'année 2020 est bissextile : elle compte 366 jours.
Ceux qui sont nés un 29 février pourront - enfin - fêter leur anniversaire !

En latin, on employait le terme de bisextus (bis : deux fois + sextus : sixième)
pour désigner le jour intercalaire que l'on rajoutait tous les quatre ans. 
Dans le
calendrier julien, c'est le sixième jour avant les calendes de mars
(correspondant au 24 février actuel) qui était doublé et devenait "
bissexte".

Selon l'étymologie populaire (fausse mais plus facile à retenir...), une année bissextile,
c'est celle dont le nombre de jours se termine... par
deux fois le chiffre 6 = 366.

 

  NOUVEL AN


En ce premier janvier 2020, je vous propose un mini-tour de France des souhaits de Nouvel An.

- Commençons par la Provence, puisque c'est "mon pays".
"
Bon bou d'an e a l'an que ven. E se siam pas mai, que siguem pas mens"
(Bonne fin d'année et à l'an qui vient ! Si nous ne sommes pas plus, que nous ne soyons pas moins),
tel est le souhait traditionnel qu'on formule à Avignon, Marseille, Aix... (du moins chez ceux qui connaissent encore quelques mots de provençal) au moment du changement d'année.
"
Pèr 2020 vous souvetan uno bono e bello annado bèn granado, urouso e fruchouso e uno bono santa !"
(Pour 2020, nous vous souhaitons une bonne et belle année "bien grainée" (= avec de bonnes récoltes), heureuse et fructueuse, et une bonne santé !)

- Bretagne : Du côté de Quimper ou de Rennes, il est coutume de souhaiter
"
Bloavez mad, yehed, ha prosperite (Bonne année, santé et prospérité).

- En basque, on dit : "Zorionak eta Urte Berri On" (Tous mes) Voeux et Bonne Année).

- "A güata Rutsch" (littéralement "bonne glisse !") : que ce soit un "Noël blanc" ou un "Noël au balcon",
qu'il y ait du verglas ou pas, c'est le voeu qu'on exprime en
Alsace pour le Nouvel An,
formule souvent accompagnée de "
A glicklig nèi Johr".

Ces deux tournures rappellent, bien sûr, les "Guten Rutsch!" (avant minuit)
et "
Glückliches neues Jahr" (après les 12 coups de l'horloge
ou de la "
Pummerin", le bourdon (große Glocke mit tiefem Schlagton)
de la cathédrale Saint-Étienne de Vienne)
qu'on échange en
Autriche à la Saint-Sylvestre.

"Prosit Neujahr!" Trinquons à la nouvelle année !
("trin
quer" - auf etwas anstoßen - vient, c'est évident, de "trinken").

 

  NOUVEL AN - Premier janvier 2017

L'année 2017 dure une seconde plus !
En effet, le premier janvier, la minute entre 0h59 et 1 heure a duré
61 secondes.
Cette seconde intercalaire est ajoutée pour éviter un décalage entre le temps "atomique" (où la seconde est calculée selon la fréquence d'oscillation d'un atome de césium) et le temps "astronomique".

"Prosit Neujahr!" Trinquons à la nouvelle année... qui dure donc 31 536 001 secondes
(1 année "normale" = 365 jours = 8 760 heures = 525 600 minutes = 31 536 000 secondes)

 

NOEL

L'étymologie de "Noël" n'est pas clairement établie,
alors que, dans la plupart des autres langues européennes,
le mot se réfère directement à la naissance du Christ :
on souhaite en allemand "
Fröhliche Weihnachten" (joyeuse nuit sacrée),
en anglais, "
Merry Christmas" (joyeuse messe de Christ), en espagnol "Feliz Navidad" (joyeuse nativité), en italien "Buone Feste Natalizie (bonne fête de nativité),
en grec "
Kala Christougenna" (joyeuse naissance du Christ) ...


Le mot "Noël" a une origine énigmatique et controversée. Il existe en effet plusieurs hypothèses à ce sujet :

- La plus "classique" : le mot viendrait de l’expression latine "dies natalis" (jour de naissance). Au fil du temps, "natalis" aurait évolué phonétiquement en "nael" (mot attesté en 1120). Le "o" viendrait de la dissimilation des deux "a" de "natalis". Quant au tréma sur le "e", il a été ajouté en 1718.

- Certains estiment que ce mot serait en réalité une sorte d'acronyme : dans la version latine de l'évangile selon saint Luc (2 : 11), on trouve la phrase "Natus est vobis Emmanuel" (Il est né pour vous Emmanuel). Ce qui a donné N + V + E + L (le "V" et le "U" se confondaient en latin).

- Autre hypothèse : ce terme serait la combinaison de "noio, nouveau" + "hel, soleil" (en grec neo + helios), et se référerait à la fête païenne du solstice d'hiver où on célèbre la victoire du soleil sur les ténèbres, au moment où les jours recommencent à s'allonger. De leur côté, à Noël, les chrétiens fêtent la naissance de Jésus, "la lumière du monde" (Jean, 1 : 5, 9).

Rappelons que ce n'est qu'au IVème siècle que la fête de Noël a été instituée : l'empereur Constantin et l'Eglise de Rome ont choisi la date du 25 décembre, un choix arbitraire puisqu'on ne connaissait pas la date exacte de la naissance du Christ, mais un choix dont l'intention ne faisait aucun doute : il s'agissait de concurrencer puis d'éclipser - c'est le cas de le dire ! - la fête solaire païenne du solstice d'hiver.

Il est à noter que, dans les langues scandinaves, le mot "Jul" désigne à la fois la fête de la Nativité et celle du solstice d'été. Au Danemark, on se souhaite "Joyeux Noël" en disant "Glædelig Jul !" ; en Suède et en Norvège, on dit "God Jul !" ; en Islande, on entend "Gleðileg Jól"

Quelles que soient son origine étymologique et la signification qu'on lui accorde, Noël est la fête de la lumière, du renouveau, de la re-naissance, la croyance en des jours meilleurs.

 

Noël et Pâques

Toute une série de dictons assurent que, s'il fait beau et doux à Noël, cela annonce du froid pour Pâques :

Noël au balcon, Pâques aux tisons (glimmendes Holzstück)
A Noël les moucherons, à Pâques les glaçons.

Soleil à Noël, neige à Pâques.
A Noël la chaleur, à Pâques la froideur
*.
Qui prend le soleil à Noël, à Pâques se gèle.
Quand tu prends à Noël le soleil, à Pâques tu te rôtis l'orteil.
Verte fête de Noël, blanche fête de Pâques...

On trouve des dictons comparables en allemand : Ein grüner Christtag, ein weißer Ostertag.
Grüne Weihnachten, weiße Ostern.

D’après Météo France, ces dictons - pourtant unanimes, ce qui est rare pour les proverbes météorologiques -
n'ont aucun fondement scientifique.
Ils sont d’autant moins fiables (verlässlich) que, si Noël tombe toujours le 25 décembre,
la date de Pâques, elle, est mobile (entre le 22 mars et le 25 avril).

Réchauffement climatique oblige, ces dernières années les températures ont été plutôt douces, voire même très douces à Noël, en France comme en Autriche. Mais nous n’avons pourtant pas été obligés de passer
"Pâques aux tisons", sauf en 2017 où le mois d’avril  a été le plus frais depuis 9 ans.

[* "froideur" s'utilise aujourd'hui au sens figuré : manque de chaleur humaine, réserve, distance.]

 

ARBRE de NOEL

Les premiers arbres de Noël apparaissent en Alsace au XVe siècle. Ce n’est pas encore la France car la région fait partie du Saint Empire romain germanique à cette époque.

Cette nouvelle coutume est d’abord nommée « mai d’hiver », car c’est en réalité la récupération
par l’Eglise chrétienne d’un rite païen de fécondité, celui de l’arbre de mai que l’on plantait au printemps.
La plupart des fêtes chrétiennes (Noël, la Chandeleur, la Toussaint, la Saint-Valentin...
pour n’en citer que quelques-unes) sont d’ailleurs d’anciennes fêtes païennes.
La tradition de «
l’arbre de mai » a évolué : depuis le XVIe siècle, c’est un mât (tronc d’arbre dépourvu de branches) qui est planté dans la terre, le Maibaum.

Aux XVI-XVIIe siècles, l’arbre de Noël est rarement un sapin : d’une part, il s’agit souvent d’autres végétaux
à feuilles persistantes (comme
l’olivier, le buis, le houx, le laurier... dont le feuillage reste vert en hiver),
d’autre part, ce sont plutôt des
branches ou des rameaux que des arbres entiers.

La tradition de l’arbre de Noël se développe chez les protestants allemands
pour se démarquer des catholiques qui, eux, privilégiaient la tradition de
la
crèche avec ses santons (les « petits saints »).
Et, en effet, ce sont des princes et princesses de culture germanophone
et protestante qui vont l’introduire progressivement
dans les
cours d’Europe occidentale :
-  1er essai à
Versailles avec la Princesse palatine (aus der Pfalz),
Elisabeth-Charlotte, belle-sœur de Louis XIV,
- Nouvelle tentative en 1738, avec Marie Leszcynska, femme de Louis XV,

d’origine polonaise.

Mais, apparemment, ces deux premières « importations » ne sont pas couronnées de succès puisque, en 1837, la cour semble redécouvrir la tradition de l’arbre de Noël avec la duchesse d'Orléans, née Hélène de Mecklembourg.
- A
Vienne, c’est la princesse Henriette de Nassau-Weilburg (une Calviniste), épouse de l’archiduc Charles d’Autriche (frère de l'empereur François 1er), qui fait découvrir l’arbre de Noël à la cour en 1816,
- En
Angleterre, c’est le prince Albert, époux de la reine Victoria, qui introduit (en 1841) cette tradition provenant de sa Saxe natale.

Mais après la guerre franco-prussienne de 1870 et l’annexion de l’Alsace-Moselle, ce sont les « optants »
(= les habitants qui ont choisi de rester français et qui sont obligés de quitter leur patrie devenue allemande)
qui vont vraiment diffuser cette coutume dans l’Est de la France.

Avec le temps, les pommes rouges qui ornaient l’arbre sont remplacées par des boules de verre (puis de plastique...), les guirlandes électriques se substituent aux bougies de cire (au grand soulagement des pompiers...), les papillotes et autres friandises prennent la place des fleurs, noix peintes et décorations en paille.

Les régions du Midi ont résisté plus longtemps à l’invasion du sapin de Noël : en Provence, jusqu’à la fin des années 1960, on fêtait Noël sans arbre et sans Père Noël. C’était l’Enfant Jésus qui descendait par la cheminée pour déposer des cadeaux dans les souliers disposés devant, en arc-de-cercle, dans un ordre dépendant de l’âge de leur propriétaire : des chaussons du petit dernier de la famille jusqu’aux chaussures du grand-père.

Et puis le Sapin est arrivé, suivi un peu plus tard de la Couronne de l’Avent...
Rien ne résiste à la
mondialisation.

 

SAPIN de NOËL à l'envers ! Un monde qui marche sur la tête •• Kopf stehen •• ?

Ce sont les grands magasins qui ont lancé •• einführen •• cette nouvelle mode - pour des raisons de marketing, bien entendu •• selbstverständlich •• : cela permet •• ermöglichen •• d'accrocher •• aufhängen •• les décorations et les autres articles •• Waren •• à vendre à la hauteur des yeux des clients, et de dégager •• freimachen •• suffisamment de place au sol pour y présenter d'autres produits.

Ces dernières années, ce sont les particuliers •• Privatperson •• qui ont adopté •• (eine Mode) übernehmen •• le "sapin à l'envers" : l'arbre est ainsi moins encombrant •• platzraubend, sperrig •• et hors de portée •• außer Reichweite, unerreichbar •• des jeunes enfants et des animaux domestiques •• Haustier •• . En outre, comme c'est un sapin artificiel (en effet, un "vrai" arbre serait trop lourd et exigerait •• verlangen •• une fixation •• Befestigung •• plus robuste), il ne perd pas ses aiguilles •• Nadel •• s et il est économique •• kostengünstig •• , car il peut être réutilisé chaque année (...jusqu'à ce que la mode passe •• vorbei sein •• !)

Beaucoup considèrent •• der Meinung sein •• que le sapin à l'envers bafoue •• mit den Füßen treten •• la tradition. Certains y voient même un sacrilège et rappellent le rite satanique de la croix à l'envers. D'autres se demandent avec inquiétude jusqu'où ça va aller : verra-t-on bientôt le Père Noël pendu par les pieds ? Et pourquoi par les rennes •• Rentier •• ? Et, qu'en est-il des •• wie steht es mit •• bougies ? Heureusement qu'en France on décore surtout le sapin de Noël avec des guirlandes électriques ! Mais en Autriche ?

L'exemple à ne pas imiter ! La municipalité •• Gemeindeverwaltung •• de Graz a voulu suivre cette mode, mais n'a pas compris qu'il fallait pendre le sapin par le pied et pas par le sommet. Résultat : les arbres de Noël qui pendouillent •• herumbaumeln •• tristement dans la capitale styrienne ont un aspect sinistre •• unheimlich, unheilverkündend •• - pour ne pas dire macabre - pendant la journée, quand ils ne sont pas illuminés.

Au fait •• Übrigens •• , le sapin à l'envers n'est pas une invention du XXIe siècle : c'est une tradition qui existe depuis des siècles dans l'Est de l'Europe. En Autriche aussi, certains se souviennent que dans leur enfance - surtout en milieu rural •• ländlich •• - l'arbre de Noël était suspendu au plafond : d'une part pour échapper •• entkommen •• aux animaux qui vivaient dans la ferme (les chats en particulier) et d'autre part pour ne pas encombrer •• versperren •• la salle commune •• Gemeinschaftsraum •• (à une époque où elle servait de lieu de rassemblement pour toute la famille).

 

Paraskevidékatriaphobie

Cette année (2019), la Sainte-Luce tombe un vendredi 13.

Et la paraskevidékatriaphobie, (du grec paraskevi "vendredi" + dekatreis "treize" + phóbos, "peur"),
c'est la phobie du vendredi 13
Une superstition qui remonterait aux origines de la Chrétienté
a fait de cette date, dans certaines cultures, un jour de malheur.
En effet, c'est parce que, d'une part, le Christ a été crucifié un vendredi
et que, d'autre part, la veille, lors du repas sacré de la Cène, il était accompagné de ses 12 Apôtres
– parmi lesquels Judas Iscariote, qui devait le trahir et le livrer la nuit-même –
qu'est née l'idée d'un mauvais présage annoncé par la présence de 13 convives.

 

SAINTE-LUCE: 13 décembre

"A la Sainte-Luce, les jours allongent •• länger werden •• d'un saut de puce •• Sprung eines Flohs •• ", affirme le dicton •• Bauernregel, Spruch •• ...

Comme la Sainte-Luce, ou Sainte-Lucie, tombe le 13 décembre, ce dicton peut paraître absurde :
en effet, la durée du jour ne commence à rallonger qu'après le solstice •• Sonnenwende ••  d'hiver,
qui a lieu en règle générale le 21 ou le 22 décembre.

Si ce dicton n'est plus pertinent •• zutreffend •• dans le calendrier grégorien, il l'était dans le calendrier julien, hérité •• hériter : erben •• de l'Antiquité.

Calendrier grégorien - Pour rattraper •• wettmachen, wieder aufholen •• le retard du calendrier julien sur le soleil,
le pape Grégoire XIII a décidé de supprimer •• streichen •• 10 jours :
c’est ainsi qu’on est passé du jeudi 4 au vendredi 15 octobre (dans les Etats pontificaux •• Kirchenstaat •• et certains pays catholiques comme l’Espagne, le Portugal, les Etats de la péninsule •• Halbinsel •• italienne.)
La France a adopté •• adopter qc ; übernehmen •• le calendrier grégorien en décembre (la nuit du 9 au 20 !) de la même année.
En Autriche, la date diffère •• différer : abweichen •• selon les régions : à Salzbourg et au Tyrol, on passe du 5 octobre au 16 octobre 1583.
En Styrie et en Carinthie, on passe du 14 au 25 décembre 1583. Un beau cadeau de Noël !

Dans les "Essais" (III, 11), Michel de Montaigne évoque •• évoquer un sujet : erwähnen •• la réforme du calendrier grégorien et les difficultés qu'éprouvent •• éprouver des difficultés : Schwierigkeiten haben •• ses contemporains •• Zeitgenosse •• et lui-même à s'y habituer •• s'habituer à qc : sich an etw. gewöhnen •• : "Ce fut proprement remuer le ciel et la terre à la fois".
Mettez-vous à leur place ! Vous vous endormez le 9 décembre pour vous réveiller le lendemain, le 20.


Malgré ce décalage •• Zeitverschiebung •• de 10 jours, la date des fêtes des saints n'a pas été modifiée :
cela aurait représenté un bouleversement •• tiefgreifende Änderung •• trop important des coutume •• la coutume : Brauch •• s.
La plupart des dictons antérieurs •• frühere, die vor (der Reform) liegen •• à la réforme grégorienne peuvent donc nous paraître "décalés"
au sens figuré du terme (schräg, abgedreht).

Le 13 décembre (d'aujourd'hui), correspond •• correspondre à : entsprechen •• au 23 décembre (de l'ancien calendrier), lendemain •• der Tag nach… •• du solstice d'hiver, moment de l'année
où les jours recommencent à allonger.


Les dictons (Bauernregeln) au sujet de •• bezüglich •• la Sainte-Luce
sont assez contradictoires •• widersprüchlich •• en allemand...

En voilà deux pour les pessimistes :
Sankt Luzen / Tut den Tag stutzen        -        An Sankt Luzia / Ist der Abend dem Morgen nah

Quant à ceux-ci, ils redonnent espoir •• wieder Hoffnung machen •• et annoncent "une lumière au bout •• am Ende •• du tunnel" :
Sankt Lucia stutzt den Tag und macht die längste Nacht

Auf Barbara (4. 12.) die Sonne weicht, auf Lucia (13. 12.) sie wiederum her schleicht...

La Sainte-Luce, fête de la lumière (du latin lux, lucis),
commémore •• commémorer : feierlich begehen •• la naissance de
Sainte Lucie de
Syracuse (Sicile), vierge martyre •• Jungfrau und Märtyrin •• du début du IVe siècle.

Elle est traditionnellement représentée portant un plateau •• Präsentierteller, Tablett ••
avec une paire d'yeux dessus. Ce motif rappelle son martyre :
ses bourreaux •• Peiniger •• lui auraient arraché •• arracher : ausreißen •• les yeux.

C'est la raison pour laquelle elle est aujourd'hui invoquée •• invoquer un saint : einen Heiligen anrufen •• comme
la
patronne •• Schutzpatronin •• des malvoyants •• Sehbehinderte •• , des ophtalmologues •• Augenarzt •• et ... des électriciens !

 

SAINTE - BARBE : 4 décembre

Le 4 décembre, jour de la Sainte-Barbe ou Sainte-Barbara, la tradition est faire germer •• keimen •• des grains de blé •• Weizenkörner ••
(ou des lentilles •• Linsen •• ) de la dernière récolte •• Ernte •• dans trois soucoupes •• Untertasse •• , sur de l’ouate •• Watte •• humectée •• befeucht •• d’eau.
Si la germination •• Keimen •• se fait bien, c’est le signe que la prochaine moisson •• Getreideernte •• sera abondante •• reichlich •• .
« Quand lou blad vèn bèn, tout vèn bèn ! » affirme le dicton •• Bauernregel •• provençal. (Quand le blé vient bien •• gedeiht •• , tout vient bien)

A Noël, ces trois soucoupes (qui représentent la Trinité •• Dreifaltigkeit •• ) sont remplies
de belles pousses •• Triebe •• vertes qui restent bien droites •• gerade •• car on les entoure d’un petit ruban •• Band •• .
Elles servent à décorer •• schmücken ••
la crèche •• Krippe •• avec les santons •• Krippenfiguren •• (= les petits saints)
et y restent jusqu’à l'Epiphanie •• Dreikönigstag •• . Les pousses sont ensuite plantées en pleine terre.

Cette coutume encore bien vivante •• lebendig •• en Provence
est un rite de fécondité •• Fruchtbarkeit •• d'origine païenne •• heidnischer Ursprung •• . Il a été récupéré •• vereinnahmen; für die eigenen Zwecke benutzen •• par l’Eglise catholique.


Selon la légende, Sainte Barbe aurait vécu •• soll gelebt haben •• en Anatolie au IIIe siècle de notre ère.
Convertie •• convertir : bekehren •• à la religion chrétienne, la jeune fille a préféré se consacrer •• sich widmen, weihen •• à Dieu plutôt que d'épouser •• heiraten •• le païen
que son père Dioscore  lui avait choisi pour mari.
Pour briser sa résistance •• ihren Widerstand brechen •• , Dioscore l'a fait enfermer dans une tour uniquement éclairée •• beleuchtet, erhellt •• par deux fenêtres. Ayant réussi à s'évader •• ausbrechen •• , Barbe s'est réfugiée •• se réfugier : Zuflucht finden •• dans le creux •• Aushöhlung •• d'un rocher qui s'est entrouvert pour lui donner asile •• Unterschlupf gewähren •• . Mais elle a été dénoncée •• verraten •• par un berger •• Hirte •• . Celui-ci a été puni •• bestraft •• : les moutons de son troupeau •• Herde •• ont été transformés en sauterelles •• Heuschrecken •• . A nouveau emprisonnée •• eingesperrt •• , et comme elle refusait •• refuser de : sich weigern •• de renier •• abschwören •• sa foi •• Glaube •• chrétienne, Barbe a été victime •• Opfer •• de nombreuses tortures •• Folter •• , et finalement, son père lui a tranché la gorge •• die Kehle durchschneiden •• de ses propres mains •• mit eigenen Händen •• .
Dioscore a alors été frappé par la foudre •• vom Blitz getroffen •• .

C'est la raison pour laquelle Sainte Barbe est aujourd'hui la patronne •• Schutzpatronin •• des pompiers •• Feuerwehrleute •• et des artificiers •• Sprengmeister •• .

En Autriche, ce sont des rameaux de cerisier •• Kirschenzweige •• que l’on coupe pour la Sainte-Barbara.
Placés dans un vase rempli d’eau, ils vont fleurir •• blühen •• pour Noël, trompés •• tromper : täuschen, überlisten •• par la chaleur qui règne •• régner : herrschen •• à l’intérieur des maisons et croyant le printemps arrivé !
Il est recommandé •• empfohlen •• de couper les rameaux en biseau •• schräg •• 
et même d’écraser •• zerdrücken •• leur extrémité inférieure pour faciliter l’absorption •• Aufnahmen •• de l’eau.

Cette coutume se rapporte •• se rapporter à : sich beziehen auf •• à la légende évoquée ci-dessus •• die oberhalb erwähnt wurde •• . Sur le chemin de la prison, un rameau de cerisier s'est accroché à •• ist hängengeblieben an •• à la robe de Barbara. Elle l’a emporté dans sa cellule, l’a arrosé •• arroser : gießen •• et, le jour de son exécution •• Hinrichtung •• , les boutons •• Knospen •• ont fleuri.

 

 ADVENT, stiller Advent..L'Avent devrait être une période calme et recueillie •• andächtig •• , où l'on se prépare à la fête de Noël. Mais, le plus souvent, c'est l'effervescence •• Hektik •• qui règne : c'est le cas à Pörtschach (en Carinthie)
où, pour la dixième année consécutive •• aufeinanderfolgend •• , la municipalité fête l'Avent
avec des illuminations •• Festbeleuchtung •• , un marché de Noël, de la musique...

OOOOO
Cette année, les responsables ont fait de la publicité en plusieurs langues pour ces festivités. Mal leur en a pris •• das ist ihnen schlecht bekommen •• ! Le message "Tradition beim Stillen Advent in Pörtschach" s'est transformé en anglais en "Tradition at the Advent Breastfeeding".

Il n'est pas nécessaire d'avoir des connaissances très étendues •• umfassend, umfangreich •• dans cette langue pour comprendre que le terme 'Breastfeeding" n'a rien à voir avec l'adjectif "still" puisque, composé de "breast" (la poitrine, le sein / Brust) et de "feeding" (action de nourrir), il signifie "allaitement, alimentation au sein"... tout comme le substantif allemand Stillen ! (article de la Kleine Zeitung)

N'ayant pas trouvé sur Internet la version française de cette campagne publicitaire lancée par la Tourismusregion Wörthersee, j'ignore si "stiller Advent" a été traduit par "allaitement pendant l'Avent"
ou si les responsables ont découvert l'erreur de traduction à temps...


Certains se demandent d'ailleurs s'il s'agit vraiment d'une "gaffe •• Fauxpas, Fehler, Schnitzer •• " et soupçonnent les promoteurs •• Initiator, Urheber •• de cette campagne d'avoir volontairement mal traduit le mot "still" pour faire le buzz •• Hype, Wirbel •• ...

Cette "publicité" va-t-elle attirer à Pörtschach des Anglo-saxons avides de sensations •• sensationssüchtig, -hungrig ••    ? En tout cas, s'ils s'attendent à voir une crèche vivante dans laquelle Marie allaite l'enfant Jésus, ils risquent d'être déçus !


Au train où vont les choses •• wenn es in dem Tempo weitergeht
so wie die Dinge laufen ••
, je m'étonne que personne n'ait encore eu l'idée
d'une "crèche-reality show" -  ou "nativity (set - reality) show" - !
Non seulement l'enfant Jésus serait allaité en public, mais "on" (pourquoi pas Joseph,
un père "moderne"...) lui changerait ses couches •• Windel •• . Et l'opération serait sponsorisée par Pampers (ou toute autre marque intéressée par le projet) !

Ah, j'oubliais ! En France, les crèches (Weihnachtskrippen et pas Kinderkrippen...)
sont interdites dans l'espace public, selon la lecture •• Leseart •• - littérale et controversée -
de l'article •• Paragraph •• 28 de la loi de 1905 (Loi de séparation des Eglises et de l'Etat).


L'installation d'une crèche dans un espace public peut être autorisée à condition qu'elle ait un caractère temporaire, pendant les fêtes de fin d'année, qu'elle présente "un caractère culturel [et pas cultuel...],
artistique ou festif" et qu'elle n'exprime pas "la reconnaissance d'un culte ou une préférence religieuse".
Elle doit également correspondre à "des usages locaux". (d'après Wikipédia)

 

11 NOVEMBRE : jour férié en France - jour ouvrable en Autriche

Quel est le rapport entre une chapelle et le 11 novembre ?

Ce n’est pas la musique qui accompagne le défilé •• Militärparade •• du 11 novembre, puisqu'une "(Blas)Kapelle" se dit en français "fanfare" et pas "chapelle"

Le dénominateur commun •• gemeinsamer Nenner •• , c’est Saint Martin, évêque de Tours, évangélisateur •• Verkünder des Evangeliums •• de la Gaule au IVe siècle. C’est en souvenir de lui qu'il est de tradition (en Autriche, mais pas en France) de manger de l’oie rôtie (Martinigans) le 11 novembre, jour de la Saint-Martin.
Est-ce pour punir ces volatiles •• Federvieh •• d’avoir dénoncé •• verraten •• Martin qui s’était caché parmi elles pour échapper à sa nomination comme évêque, fonction dont il se trouvait indigne ?

Ce jour-là, en France, ce n'est pas non plus le début du Carnaval (le 11/11 à 11h11) que l'on fête.

On commémore •• gedenken •• l’armistice de la Première Guerre mondiale (1) (que les Autrichiens ont peut-être moins de raisons de célébrer...). Signé le 11 novembre 1918, à 5 h 15 du matin dans le "wagon de l'armistice", dans la clairière •• Waldlichtung •• de Rethondes (forêt de Compiègne), il met fin à la Première Guerre mondiale.
 

Cette année, on en célèbre le 101e anniversaire : à cette occasion, des cérémonies sont organisées dans tout le pays devant les dizaines de milliers de monuments aux morts •• Kriegerdenkmal •• que compte la France.
A Paris, le Président de la République se rendra au pied de la statue de Georges Clémenceau (surnommé le "Tigre" et le "Père la Victoire, il était Président du Conseil pendant le conflit) et ira se recueillir •• andächtig verharren •• à l'Arc de Triomphe devant la "Tombe du soldat inconnu".

Depuis 2012, les commémorations du 11 Novembre sont l'occasion d'honorer tous les morts pour la France, qu'ils soient civils ou militaires, victimes des conflits anciens ou actuels.
Ainsi, cette année [2019], le président de la République inaugure un monument aux 549 soldats morts en "Opex" (c'est-à-dire "en opération extérieure") depuis 1963 : la sculpture principale de ce monument élevé dans le Parc André Citroën (15ème arrondissement de Paris) est l'œuvre du sculpteur Stéphane Vigny et représente six soldats anonymes portant un cercueil •• Sarg •• invisible.
 

La tombe de Saint Martin (2), elle, se trouve à Tours. Avant de devenir l'évêque de cette ville, Martin (né en 316 en Pannonie, dans l'actuelle Hongrie) - qui était le fils d'un officier supérieur de l'armée romaine - avait dû entreprendre une carrière militaire. Il portait d'ailleurs un prénom prédestiné, dérivé de Mars, dieu de la guerre.

Affecté •• abkommandieren, einteilen •• en Gaule, à Amiens, un soir de l’hiver 334, le légionnaire Martin partage - selon la légende - son manteau avec un pauvre mourant de froid. Le reste supposé de son manteau, appelé "cape / chape" (3) (diminutif "capella") a été plus tard envoyé comme reliques à la chapelle palatine ("du palais") d'Aix-la-Chapelle •• Aachen •• à l'époque de Charlemagne : cette petite chape est à l'origine du mot chapelle.

Et une chapelle n'est pas une "petite église", comme le montre l'exemple de la Sainte-Chapelle de Paris : si elle s’appelle ainsi, c’est parce que cette église palatine a été construite sur l’île de la Cité à l’époque de Saint Louis (le roi Louis IX) pour y abriter •• beherbergen •• des reliques de la Passion du Christ (manteau, couronne d'épines •• Dornenkrone •• , morceau de la Vraie Croix, Sainte Lance...).
 

1- L'armistice du 11 novembre est le dernier, celui  après lequel les hostilités cessent sur tous les fronts. Mais il a été précédé de trois autres, dont celui avec l'Autriche-Hongrie (le 3 novembre 1918, près de Padoue où le roi d'Italie, Victor-Emmanuel III, avait son état-major). L'armistice avec la Bulgarie a été signé le 29 septembre à Thessalonique et celui avec l'empire Ottoman, le 30 octobre sur l'île de Lemnos.

2- Une légende raconte que lorsque le corps de Saint Martin a été ramené à Tours, les fleurs se sont mises à éclore •• aufblühen •• sur le passage du cortège. C"est ce "miracle" qui a donné naissance à l'expression "été de la Saint-Martin".

3- chapelle, comme chape, chapeau, capuchon ou Capétiens sont dérivés du latin caput (tête, chef = Kopf, Haupt)