Sainte-Barbe Arbre de Noël Epiphanie Chandeleur Mardi gras
Noël Nouvel An Rameaux Poisson d'avril  

 

Recette de
Galette des Rois
Crêpes de la Chandeleur :
recette
Bugnes lyonnaises :
recette
 

 

Le DIMANCHE des RAMEAUX / PALMSONNTAG

Lors de l’entrée solennelle de Jésus à Jérusalem, le dimanche précédant Pâques,
la foule agitait sur son passage des branches coupées aux arbres, rameaux (Zweig) de palmier,
mais aussi vraisemblablement d'olivier et d’autres arbres.

Aujourd’hui, selon la latitude (Breitengrad), les rameaux - qui sont bénis pendant la messe
puis rapportés à la maison - sont de palmier (à Nice par ex. et dans le Sud de l’Europe),
d’olivier (pays méditerranéens), de laurier, de buis (Buchsbaum) mélangé
avec des branchettes de saule avec des chatons (Weidenkätzchen).

Dans certains pays ou régions, avec ces différents rameaux, on confectionne
des bouquets accrochés à un long bâton et on les décore avec des œufs évidés et peints, des rubans, des fruits confits (en Provence), ou des meringues (à Limoges).


Le mot "palme" vient du latin palma (la paume / Handfläche) en raison de la ressemblance
entre les découpures de la feuille de palmier et la face interne de la main aux doigts écartés.

En français, la "palme" ne désigne pas l’arbre (le palmier), mais une de ses branches.


La palme, c'est aussi la récompense du vainqueur (Siegespalme) : par exemple,
la Palme d’or du festival cinématographique de Cannes,
ou les Palmes académiques.
Dans un tout autre domaine, les palmes, ce sont des nageoires fixées aux pieds des nageurs (Schwimmflosse).


Peut-être que le dimanche des Rameaux à Jérusalem, certains ont escaladé le tronc des palmiers pour mieux voir passer Jésus dans cette foule dense. Mais cela n'a rien à voir avec l'expression allemande
jemanden auf die Palme bringen, qui signifie exaspérer quelqu'un au point de lui faire perdre le contrôle de lui-même. La locution rappelle probablement le comportement de certains singes déchaînés (ausser Rand und Band) qui s’élancent sur l’arbre le plus proche (en Afrique, parfois des palmiers...) et grimpent jusqu’au sommet.


 

Oeufs et lapins de Pâques

Le mot "pâque" vient de l’hébreu biblique pesah (du verbe pasaḣ = passer au-dessus) par l’intermédiaire de l’araméen pasha, du grec πάσχα, et du latin pascha.
La fête de Pessah est la commémoration de l’Exode des Hébreux hors d’Egypte.
Selon l’Ancien Testament, l’Ange de la mort envoyé par Dieu pour mettre à mort tous les premiers-nés égyptiens (10ème Plaie d’Egypte) est "passé au-dessus" des maisons des Hébreux, marquées du sang de l’agneau sacrifié, et les a épargnés.
 

D’après les Evangiles, la Passion du Christ se serait déroulée pendant cette fête juive, et son nom a été en quelque sorte "recyclé" par le christianisme qui commémore ce jour-là la résurrection de Jésus.

Ce n’est d’ailleurs pas la seule récupération opérée par l’Eglise chrétienne : en effet, les coutumes de Pâques reprennent des symboles païens évoquant le retour du printemps, la renaissance, la "résurrection" de la nature.


La tradition des œufs peints a non seulement une raison symbolique (c’est le symbole de la germination) mais également une raison pratique : pendant le Carême, on ne pouvait pas manger d’œufs, mais les poules continuaient quand même à pondre.


A Pâques, les œufs qui n’étaient plus consommables étaient décorés : c’est une tradition encore très vivante en Autriche
où les œufs, évidés puis peints, décorent l’arbre de Pâques (Osterbaum).
En France, les œufs en chocolat ont remplacé les œufs de poule, et ce sont les cloches – qui s’étaient envolées pour Rome le Jeudi Saint – qui les déposent dans les jardins en revenant de la Ville Eternelle.

 

Les lapins et lièvres, animaux prolifiques, sont un symbole de fertilité : dans les traditions celtique et scandinave, le lièvre est l’animal emblématique de la déesse mère Eostre (d’où le nom de Easter en anglais, et Oster en allemand).

La tradition du lapin (ou lièvre) de Pâques, très répandue dans l’espace anglophone (Easter Bunny), germanophone (Osterhase) et scandinave, n’est cependant pas associée à la fête de Pâques en France : on offre des poules en chocolat, garnies d’œufs en sucre ou en chocolat.

• La tradition du lapin de Pâques connaît une variante amusante en Australie où, pour lutter contre la prolifération des lapins et sensibiliser la population au danger d’extinction des espèces autochtones, on a tenté de modifier la tradition en remplaçant le lapin par le "bilby de Pâques" !

Une fête mobile - La date de la fête de Pâques a été fixée au Concile de Nicée en 325 : elle se situe le 1er dimanche après la pleine lune qui suit l’équinoxe de printemps. C’est-à-dire au plus tôt le 22 mars et au plus tard le 25 avril.


POISSON d'AVRIL - APRILSCHERZ

La coutume - en voie de disparition en France - veut que l’on accroche, discrètement,
des poissons en papier dans le dos des personnes à qui on veut faire une farce
le 1er avril : ce jour-là, elles se promènent sans le savoir avec ce "poisson d'avril"
qui fait rire ceux qui les rencontrent.

Aujourd’hui, le poisson d’avril est synonyme de canular, plaisanterie.
Ce jour-là, les médias diffusent de fausses informations,
en les présentant de façon plus ou moins crédible. (Déjà des "faits alternatifs" !)

Par ex., le 1er avril 2015, un article du journal l’Obs prétendait que les détecteurs de fumée - devenus obligatoires dans les lieux habités - étaient équipés d’un micro-espion.
Depuis, nous avons appris que nous sommes réellement espionnés par nos portables, ordinateurs, télévisions... et même par notre four à micro-ondes (a déclaré
très sérieusement la conseillère de Donald Trump - et ce n’était pas un 1er avril...)


Pourquoi le 1er avril ? - En 1564, par l’Edit de Roussillon, le roi de France Charles IX décide de modifier le calendrier pour que l'année commence le 1er janvier et non plus fin mars. La mesure est ensuite étendue à l’ensemble de la Chrétienté avec l’adoption du calendrier grégorien en 1582.
La mesure entre en vigueur le 1er janvier 1567. Ce jour-là, comme à chaque début d’année, on se souhaite "bonne année" et on échange des cadeaux.

Cette année-là et les années suivantes, beaucoup de gens ont eu du mal à s'habituer au nouveau calendrier, et certains n'étaient même pas au courant que la date de la nouvelle année avait changé ! Ils ont donc continué à s'offrir des cadeaux et des étrennes entre le 25 mars et le 1er avril. Pour se moquer de ces étourdis - ou rebelles - des petits malins ont eu l'idée de leur offrir des cadeaux un peu spéciaux. C’est de là que vient, paraît-il, la coutume  de faire des farces le 1er avril.
 

Pourquoi un poisson ?
1ère explication : à cette époque de l’année, la pêche est interdite en France, car c'est la période de reproduction des poissons. On faisait des farces aux pêcheurs en leur offrant de faux poissons.

2ème hypothèse : le 1er avril tombe en général pendant le carême,
période de jeûne
où il était interdit de manger de la viande,
alors que la consommation de la chair des poissons (et d’animaux aquatiques comme
les canards, les cygnes ... ou même les castors... ) était autorisée.
De plus, le mot poisson serait une déformation du mot passion (du Christ) :
c'est de là que viendrait l’idée de tourmenter (gentiment) les autres.

3ème explication : depuis la plus haute antiquité, cette période de l’année était en rapport avec le poisson,
le signe zodiacal des Poissons se terminant fin mars.

En Autriche, on dit "April April" ou "Aprilscherz" juste après avoir fait sa blague. On "envoie qn dans l’avril" (jn in den April schicken, expression attestée pour la première fois en 1618 en Bavière). Mais il n’est pas question de poisson, et l’origine de la coutume est tout aussi controversée qu’en France.


CARNAVAL  et  MARDI  GRAS

Mardi-Gras  - Faschingsdienstag
• C’est le dernier jour où on peut « faire gras » (c’est-à-dire manger des aliments riches : beurre, œufs, viande) et qui précède le Mercredi des Cendres, jour où commence le Carême, période de 40 jours de jeûne et d’austérité, où l’on doit « faire maigre ». C’est un jour où les excès (tant alimentaires que vestimentaires) sont permis.
• Mardi gras est le jour où l'on déguste des
crêpes, des gaufres et des beignets (dont la recette et le nom varient beaucoup selon les régions : bugnes, merveilles, oreillettes, pets de nonne (mais si !), roussettes ou tortisseaux…)
• Cette coutume viendrait de la nécessité d’épuiser les réserves de beurre et d’œufs qui ne seront pas utilisées pendant le jeûne du Carême.

Le mot « beignet » ne vient pas de « baigner » dans l’huile de friture,
mais de « bigne / beigne » qui signifie « enflure, bosse, coup sur la tête ».
« Recevoir une beigne », c’est se prendre une claque, une gifle,
et avoir ensuite la joue enflée, gonflée. 
La pâte des beignets, elle, gonfle dans l’huile chaude.
• Pour rester dans le domaine culinaire, rappelons que l’on dit aussi
« se prendre une bugne, une tarte » (familier) (eine Watsche kriegen)

Comptine du Mardi gras
Mardi gras, ne t’en va pas, nous ferons des crêpes, nous ferons des crêpes,
Mardi gras, ne t’en va pas, nous ferons des crêpes ce jour-là.

Le mot « carnaval » (avec trois « a », contrairement au mot allemand " Karneval ") dérive (avec une métathèse ou inversion des syllabes « LE » et « VA ») du latin médiéval carne levare signifiant enlever la chair, d’où le sens de "supprimer la (consommation de) viande" pendant tout le Carême.
• En France, le carnaval n’est pas une institution comme en Allemagne ou en Autriche.

Les carnavals (eh, oui, c’est une exception, pas de « carnavaux »)
les plus connus sont celui de
Nice (avec son « corso », défilé de chars fleuris
et la bataille de fleurs - dont le mimosa…)
et celui de
Dunkerque (où durant trois jours toute la ville se costume et défile dans la rue).

• En Louisiane (baptisée ainsi en l’honneur de Louis XIV), à la Nouvelle-Orléans (qui, elle, doit son nom au régent Philippe d’Orléans), le carnaval est nommé "Mardi Gras" (en français dans le texte) et reste une tradition très suivie.
• L'emploi de cette expression française nous rappelle que la Louisiane a appartenu à la France jusqu’en 1803, date à laquelle elle a été vendue par Bonaparte (qui n’était pas encore Napoléon 1er) aux Etats-Unis d’Amérique nouvellement c
réés. Le territoire cédé (qui s’étendait du Golfe du Mexique jusqu’au Canada) représente plus de 22% de l’actuelle superficie des Etats-Unis !

 

CHANDELEUR - Marialichtmess

La Chandeleur, qui se fête le 2 février, signifie « fête des chandelles »
(festa candelorum).
Comme toutes les traditions de cette période de l’année qui voit les jours allonger,
cette fête est liée à la lumière, la purification, la fécondité (Fruchtbarkeit).

        Au cours des Lupercales à Rome, on fêtait le dieu de la Fécondité Lupercus ou Pan,
et le retour de la lumière : les
Romains défilaient aux flambeaux (Fackel) dans les rues de Rome, mangeaient des galettes de céréales.
Peut-être est-ce l’origine des crêpes que nous dégustons (genießen) aujourd’hui le jour de la Chandeleur.
La crêpe, ronde et dorée, rappelle naturellement aussi le disque solaire et la
fête celte d’Imbolc (le 1er février) qui marquait la fin de l’hiver. L'Eglise a entrepris dès la fin de l'Empire Romain de remplacer systématiquement les rites païens (heidnisch) par des fêtes chrétiennes. Le pape Gélase Ier (V° siècle) a eu l'idée d'instituer (einführen) la fête de la Chandeleur (Fête de la présentation de Jésus au Temple), 40 jours après Noël.

En Occident, les fidèles (Gläubige) défilaient en procession avec des cierges (Kerze) allumés et bénits (gesegnet) qu’on devait rapporter allumés de l’église jusqu’à chez soi :
"Celui qui le rapporte chez lui allumé, pour sûr (ganz bestimmt) ne mourra pas dans l'année."
Les cierges étaient censés (gelten) posséder de nombreuses vertus (Kraft, Heilkraft). On les conservait précieusement dans l'armoire familiale d’où on les sortait en cas de maladie grave ou en cas d'orage, car ils avaient, paraît-il, le pouvoir d'éloigner la foudre (Blitz). Ils étaient allumés chaque fois qu'il y avait la nécessité d'implorer (anflehen) le ciel, d'écarter les mauvais esprits et de protéger la maison, les vignobles (Weingarten) et les champs.

Dans de nombreuses régions françaises, la Chandeleur a été appelée
"
Chandelours" jusqu’au XVIII° siècle, rappelant l’un des cultes païens
que l’Eglise a cherché en vain à éradiquer (ausrotten) :
cette fête célébrait la fin de l’hibernation (Winterschlaf) de l’ours
qui sort de sa tanière (Höhle). Si la température est douce
et s'il voit le soleil
et son ombre, il retourne vite reprendre son hibernation,
car il sait que le beau temps ne durera pas :
"Si fait beau et luit Chandeleur / Six semaines se cache l'ours."

L'équivalent, en Amérique du Nord, est le célèbre "Jour de la marmotte" (Groundhog Day), fêté lui aussi le 2 février. Cette tradition serait cependant d’origine européenne : "Sonnt sich der Dachs in der Lichtmesswoche, bleibt er 4 Wochen noch im Loche".
D'autres dictons semblent confirmer ces prévisions météorologiques :
"Beau et clair à la Chandeleur, l'hiver garde sa rigueur."
"Soleil le deux février, l'hiver sera prolongé."

Les crêpes rappellent les traditions très anciennes liées au culte solaire.
Quant à la tradition de la
pièce d’or qu’on doit tenir
dans la main gauche quand on fait sauter la 1ère crêpe et qui assure
qu’on aura de l’argent toute  l’année, elle est aussi très ancienne.
Cette crêpe était ensuite enroulée autour de la pièce d'or et portée
en procession par toute la famille jusqu'à la chambre où on la déposait jusqu'à l'année suivante sur le haut de l'armoire.

Les restes de la crêpe de l'an passé étaient alors récupérés et la pièce qu'elle contenait donnée au premier pauvre qui passait.

Alors, quel est le rapport entre la crêpe et l’ours ?
Peut-être le
miel dont vous pouvez napper (mit etw. übergießen) vos crêpes …

Bon appétit !

 

EPIPHANIE (du grec "apparition, manifestation") - Drei Könige

Cette fête correspond à la présentation de l'enfant Jésus
aux Rois Mages,
Gaspard, Melchior et Balthasar.
Jusqu'en 1802, le 6 janvier était un jour férié en France.
Aujourd’hui, on fête l’Épiphanie le 2ème dimanche après Noël.

La galette des rois, servie à cette occasion,est une tradition
qui remonte au moins au XIVème siècle.
La galette
était partagée en autant de parts que de convives,
plus une, la "
part du Bon Dieu" ou "part du pauvre" qui était destinée au premier pauvre qui se présenterait.
Il est de coutume que le plus jeune convive se glisse sous la table pour désigner à qui sont attribuées les parts.
C'est ce qu'on appelle "
tirer les rois". (tirer = losen)
Celui qui a la part contenant la fève ("Saubohne" - "faba ou fava" en latin) est déclaré roi, il se coiffe de la couronne
et choisit sa reine. Puis on trinque à leur santé.
On a  aménagé la tradition
: aujourd'hui, la femme qui a la fève devient la reine et choisit son roi.
Le roi - ou la reine - devra, en principe, offrir la prochaine galette.

La fève joue un rôle important dans les rites antiques en raison de sa forme embryonnaire (symbole de vie,
de renouveau). Quant à la
forme ronde et à la couleur dorée de la galette, c'est une référence au culte solaire
que l'on retrouve dans de nombreuses traditions au moment du solstice ("Sonnenwende") d'hiver.

Chez les Grecs, puis chez les Romains, la fève – blanche ou noire – servait de jeton de vote.
La fève dans la galette des rois remonte au temps des Romains. Lors des Saturnales de Rome (début janvier), on élisait parmi les esclaves le roi du festin au moyen d'une fève.

Sous la Révolution, les fêtes religieuses sont supprimées et le jour des Rois est transformé en 1791 en
"Jour des Sans-culottes". Cependant le gâteau des Rois ne tarde pas à faire sa réapparition sous un autre nom.
Un décret du 4 nivôse an III du calendrier révolutionnaire (24/12/1794 dans le calendrier grégorien) rebaptise l’Épiphanie
"
fête du Bon Voisinage" et recommande de partager la “galette de l’Egalité” : la fève ne représente plus l'Enfant Jésus mais ... le bonnet phrygien.
On constate une fois de plus que l'Histoire est un perpétuel recommencement : la "
Fête des Voisins", lancée en 1999,
et qui a lieu chaque année fin mai ou début juin, ne fait que remettre au goût du jour une fête révolutionnaire !

A l’origine et jusque vers 1870, la fève était végétale, elle est aujourd’hui en porcelaine ou … en plastique et représente un peu n’importe quoi : de l’Enfant Jésus et des santons (Krippenfiguren aus der Provence) aux personnages de Walt Disney...

La 1ère fève en porcelaine a été fabriquée en Allemagne en 1874 et représentait un nouveau-né.
La
fabophilie (ou favophilie) est une activité qui consiste à collectionner les fèves de galettes des rois.


                     Il existe deux sortes de gâteaux des rois

la galette ronde en pâte feuilletée, le plus souvent fourrée à la frangipane (crème aux amandes qui doit son nom à Frangipani, saucier florentin).

RECETTE de la galette

 le gâteau brioché (dans le Midi), en forme de couronne.
 Il est fou
rré aux fruits confits, parfumé à la fleur d'oranger, décoré de
fruits confits et de pépites de sucre, ou sucre casson (Hagelzucker).


En Provence, on dit que les "grinchou" (c'est-à-dire les avares = die Geizigen) n'hésitaient pas à "avaler la fève avec le gâteau" pour ne pas être obligés d'acheter la prochaine brioche.
Et un "
favé", en provençal, celui qui "a la fève", c'est un "chanceux", un "veinard", un "Glückspilz" en quelque sorte, mais là, on passe de la fève au champignon... c'est une autre histoire !

 

  NOUVEL AN - Premier janvier 2017

L'année 2017 va durer une seconde plus ! En effet, le premier janvier, la minute entre 0h59 et 1 heure a duré - ou durera - (selon l'heure à laquelle vous lisez ces lignes...) 61 secondes.
Cette seconde intercalaire est ajoutée pour éviter un décalage entre le temps "atomique" (où la seconde est calculée selon la fréquence d'oscillation d'un atome de césium) et le temps "astronomique".

En ce - long ! - 1er janvier, je vous adresse mes meilleurs voeux pour 2017... avec un mini-tour de France :

- Commençons par la Provence, puisque c'est "mon pays". "Bon bou d'an e a l'an que ven. E se siam pas mai, que siguem pas mens" (Bonne fin d'année et à l'an qui vient ! Si nous ne sommes pas plus, que nous ne soyons pas moins), tel est le souhait traditionnel qu'on formule à Avignon, Marseille, Aix... (du moins chez ceux qui connaissent encore quelques mots de provençal) au moment du changement d'année.
"
Pèr 2017 vous souvetan uno bono e bello annado bèn granado, urouso e fruchouso e uno bono santa !" (Pour 2017 nous vous souhaitons une bonne et belle année "bien grainée" (= avec de bonnes récoltes), heureuse et fructueuse, et une bonne santé !)

- Bretagne : Du côté de Quimper ou de Rennes, il est coutume de souhaiter "Bloavez mad, yehed, ha prosperite (Bonne année, (bonne) santé et prospérité).

- En basque, on dit : "Zorionak eta Urte Berri On" (Tous mes) Voeux et Bonne Année).

- "A güata Rutsch" (littéralement «bonne glisse !») : que ce soit un "Noël blanc" ou un "Noël au balcon", qu'il y ait du verglas ou pas, c'est le voeu qu'on exprime en Alsace pour le Nouvel An, formule souvent accompagnée de "A glicklig nèi Johr".

Ces deux tournures rappellent, bien sûr, les "Guten Rutsch!" (avant minuit)
et "
Glückliches neues Jahr" (après les 12 coups de l'horloge
ou de la "
Pummerin", le bourdon (große Glocke mit tiefem Schlagton)
de la cathédrale Saint-Étienne de Vienne)
qu'on échange en Autriche à la Saint-Sylvestre.

"Prosit Neujahr!" Trinquons à la nouvelle année !
("trin
quer" - auf etwas anstoßen - vient, c'est évident, de "trinken").

 

NOEL

L'étymologie de "Noël" n'est pas clairement établie,
alors que, dans la plupart des autres langues européennes,
le mot se réfère directement à la naissance du Christ :
on souhaite en allemand "
Fröhliche Weihnachten" (joyeuse nuit sacrée),
en anglais, "
Merry Christmas" (joyeuse messe de Christ), en espagnol "Feliz Navidad" (joyeuse nativité), en italien "Buone Feste Natalizie (bonne fête de nativité),
en grec "
Kala Christougenna" (joyeuse naissance du Christ) ...


Le mot "Noël" a une origine énigmatique et controversée. Il existe en effet plusieurs hypothèses à ce sujet :

- La plus "classique" : le mot viendrait de l’expression latine "dies natalis" (jour de naissance). Au fil du temps, "natalis" aurait évolué phonétiquement en "nael" (mot attesté en 1120). Le "o" viendrait de la dissimilation des deux "a" de "natalis". Quant au tréma sur le "e", il a été ajouté en 1718.

- Certains estiment que ce mot serait en réalité une sorte d'acronyme : dans la version latine de l'évangile selon saint Luc (2 : 11), on trouve la phrase "Natus est vobis Emmanuel" (Il est né pour vous Emmanuel). Ce qui a donné N + V + E + L (le "V" et le "U" se confondaient en latin).

- Autre hypothèse : ce terme serait la combinaison de "noio, nouveau" + "hel, soleil" (en grec neo + helios), et se référerait à la fête païenne du solstice d'hiver où on célèbre la victoire du soleil sur les ténèbres, au moment où les jours recommencent à s'allonger. De leur côté, à Noël, les chrétiens fêtent la naissance de Jésus, "la lumière du monde" (Jean, 1 : 5, 9).

Rappelons que ce n'est qu'au IVème siècle que la fête de Noël a été instituée : l'empereur Constantin et l'Eglise de Rome ont choisi la date du 25 décembre, un choix arbitraire puisqu'on ne connaissait pas la date exacte de la naissance du Christ, mais un choix dont l'intention ne faisait aucun doute : il s'agissait de concurrencer puis d'éclipser - c'est le cas de le dire ! - la fête solaire païenne du solstice d'hiver.

Il est à noter que, dans les langues scandinaves, le mot "Jul" désigne à la fois la fête de la Nativité et celle du solstice d'été. Au Danemark, on se souhaite "Joyeux Noël" en disant "Glædelig Jul !" ; en Suède et en Norvège, on dit "God Jul !" ; en Islande, on entend "Gleðileg Jól"

Quelles que soient son origine étymologique et la signification qu'on lui accorde, Noël est la fête de la lumière, du renouveau, de la re-naissance, la croyance en des jours meilleurs.

 

ARBRE  DE  NOEL

Les premiers arbres de Noël apparaissent en Alsace au XVe siècle. Ce n’est pas encore la France car la région fait partie du Saint Empire romain germanique à cette époque.

Cette nouvelle coutume est d’abord nommée « mai d’hiver », car c’est en réalité la récupération par l’Eglise chrétienne d’un rite païen de fécondité, celui de l’arbre de mai que l’on plantait au printemps. La plupart des fêtes chrétiennes (Noël, la Chandeleur, la Toussaint, la Saint-Valentin... pour n’en citer que quelques-unes) sont d’ailleurs d’anciennes fêtes païennes.
La tradition de «
l’arbre de mai » a évolué : depuis le XVIe siècle, c’est un mât (tronc d’arbre dépourvu de branches) qui est planté dans la terre, le Maibaum.

Aux XVI-XVIIe siècles, l’arbre de Noël est rarement un sapin : d’une part, il s’agit souvent d’autres végétaux à feuilles persistantes (comme l’olivier, le buis, le houx, le laurier... dont le feuillage reste vert en hiver), d’autre part, ce sont plutôt des branches ou des rameaux que des arbres entiers.

La tradition de l’arbre de Noël se développe chez les protestants allemands
pour se démarquer des catholiques qui, eux, privilégiaient la tradition de
la
crèche avec ses santons (les « petits saints »).
Et, en effet, ce sont des princes et princesses de culture germanophone
et protestante qui vont l’introduire progressivement
dans les
cours d’Europe occidentale :
-  1er essai à
Versailles avec la princesse « palatine »,
Elisabeth-Charlotte, belle-sœur de Louis XIV,
- Nouvelle tentative en 1738, avec Marie Leszcynska, femme de Louis XV,

d’origine polonaise.

Mais, apparemment, ces deux premières « importations » ne sont pas couronnées de succès puisque, en 1837, la cour semble redécouvrir la tradition de l’arbre de Noël avec la duchesse d'Orléans, née Hélène de Mecklembourg.
- A
Vienne, c’est la princesse Henriette de Nassau-Weilburg (une Calviniste), épouse de l’archiduc Charles d’Autriche, qui fait découvrir l’arbre de Noël à la cour en 1816,
- En
Angleterre, c’est le prince Albert, époux de la reine Victoria, qui introduit (en 1841) cette tradition provenant de sa Saxe natale.

Mais après la guerre franco-prussienne de 1870 et l’annexion de l’Alsace-Moselle, ce sont les « optants » (c'est-à-dire les habitants qui ont choisi de rester français et qui sont obligés de quitter leur patrie devenue allemande) qui vont vraiment diffuser cette coutume dans l’Est de la France.

Avec le temps, les pommes rouges qui ornaient l’arbre sont remplacées par des boules de verre (puis de plastique...), les guirlandes électriques se substituent aux bougies de cire (au grand soulagement des pompiers...), les papillotes et autres friandises prennent la place des fleurs, noix peintes et décorations en paille.

Les régions du Midi ont résisté plus longtemps à l’invasion du sapin de Noël : en Provence, jusqu’à la fin des années 1960, on fêtait Noël sans arbre et sans Père Noël. C’était l’Enfant Jésus qui descendait par la cheminée pour déposer des cadeaux dans les souliers disposés devant, en arc-de-cercle, dans un ordre dépendant de l’âge de leur propriétaire : des chaussons du petit dernier de la famille jusqu’aux chaussures du grand-père.

Et puis le Sapin est arrivé, suivi un peu plus tard de la Couronne de l’Avent...
Rien ne résiste à la
mondialisation.

 

SAINTE - BARBE

Le 4 décembre, jour de la Sainte-Barbe ou Sainte-Barbara, la tradition est faire germer des grains de blé
(ou des lentilles) de la dernière récolte dans trois soucoupes, sur de l’ouate humectée d’eau.
Si la germination se fait bien, c’est le signe que la prochaine moisson sera abondante.
« Quand lou blad vèn bèn, tout vèn bèn ! » affirme le dicton provençal. (Quand le blé vient bien, tout vient bien)

A Noël, ces trois soucoupes (qui représentent la Trinité) sont remplies
de belles pousses vertes qui restent bien droites car on les entoure d’un petit ruban.
Elles servent à décorer
la crèche avec les santons (= les petits saints / Krippenfiguren)
et y restent jusqu’à l’Epiphanie. Les pousses sont ensuite plantées en pleine terre.

Cette coutume encore bien vivante en Provence
est un rite de fécondité d’origine païenne. Il a été récupéré par l’Eglise catholique.


Selon la légende, Sainte Barbe était une jeune Provençale qui, contre l’avis de son père Dioscore, a préféré se consacrer à Dieu plutôt qu'aux hommes. Pour briser sa résistance, Dioscore la fit enfermer dans une tour uniquement éclairée par deux fenêtres. Ayant réussi à s’évader, Barbe se réfugia dans le creux d'un rocher qui s'entrouvrit pour lui donner asile. Mais elle fut dénoncée par un berger. Celui-ci fut puni : les moutons de son troupeau furent transformés en sauterelles. A nouveau emprisonnée, Barbe fut sommée par son père de renoncer au christianisme et d’épouser un païen. Ne voulant pas renier Dieu, Barbe fut victime de nombreuses tortures, et finalement, son père lui trancha la gorge de ses propres mains. Dioscore fut alors frappé par la foudre.

C'est la raison pour laquelle Sainte Barbe est aujourd'hui la patronne des pompiers et des artificiers.

En Autriche, ce sont des rameaux de cerisier que l’on coupe pour la Sainte-Barbara.
Placés dans un vase rempli d’eau, ils vont fleurir pour Noël, trompés par la chaleur qui règne à l’intérieur des maisons et croyant le printemps arrivé !
Il est recommandé de couper les rameaux en bis
eau et même d’écraser leur extrémité inférieure pour faciliter l’absorption de l’eau.

Cette coutume se rapporte à la légende évoquée ci-dessus. Sur le chemin de la prison, un rameau de cerisier se prit dans la robe de Barbara. Elle l’emporta dans sa cellule, l’arrosa et, le jour de son exécution, les boutons fleurirent.